La Corée du Nord a célébré samedi dernier son sommet avec le Sud, saluant «une rencontre historique» qui ouvre la voie à «une nouvelle ère».

Le sommet entre les deux Corées, qui a eu lieu vendredi dans la zone démilitarisée les séparant, a été «une rencontre historique qui a ouvert une nouvelle ère pour la réconciliation et l’unité nationales, la paix et la prospérité», a déclaré l’agence officielle de presse nord-coréenne KCNA.
Celle-ci a diffusé le texte intégral de la «Déclaration de Panmunjom» signée à cette occasion par MM. Kim Jong Un et Moon Jae-in et qui contient la phrase suivante : «La Corée du Sud et la Corée du Nord confirment l’objectif commun d’obtenir, au moyen d’une dénucléarisation totale, une péninsule coréenne non nucléaire».
Pendant des années, le régime de Pyongyang a affirmé qu’il ne renoncerait jamais à l’arme atomique, indispensable selon lui pour le protéger d’une possible invasion américaine. Mais il a maintenant proposé qu’elle soit l’objet de négociations en échange de garanties de sécurité, selon Séoul. M. Kim n’en a toutefois pas parlé publiquement au cours du sommet. Dans un autre communiqué, KCNA a écrit que les deux dirigeants avaient eu «un échange franc et sincère» sur des thèmes comme l’assurance de «la paix dans la péninsule coréenne et la dénucléarisation de la péninsule». Le quotidien Rodong Sinmun, l’organe du parti unique nord-coréen, a consacré samedi quatre de ses six pages à l’événement.
 En Corée du Sud, les journaux de samedi relevaient quant à eux l’absence d’un engagement ferme et explicite du Nord à renoncer à son armement nucléaire. «Il s’agit d’un pas en arrière par rapport à ce qui avait été décidé en 2005» quand la Corée du Nord, rappelle à cet égard Chosun (conservateur), promettait dans un accord d’abandonner «toutes les armes nucléaires et les programmes nucléaires existants» et de recevoir des inspecteurs chargés de le vérifier. Vendredi, après une poignée de main très symbolique avec le président sud-coréen, M. Kim a affirmé que la péninsule de Corée était «au seuil d’une histoire nouvelle». En franchissant la bordure de béton de quelques centimètres de haut qui représente la démarcation dans le village de Panmunjom, il est devenu le premier dirigeant nord-coréen à fouler le sol sud-coréen depuis la guerre de Corée (1950-1953).  «Les deux dirigeants déclarent solennellement devant les 80 millions de Coréens et le monde entier qu’il n’y aura plus de guerre sur la péninsule coréenne et qu’en conséquence, une nouvelle ère de paix a commencé», proclament MM. Kim et Moon dans la «Déclaration de Panmunjom». Après avoir signé ce texte, MM. Kim et Moon, dont les pays, faute de traité, sont toujours aujourd’hui techniquement en guerre, se sont donné l’accolade, au terme d’une journée de chaleureux témoignages d’amitié. Ils se sont engagés à chercher à établir «un régime de paix permanent et solide» sur la péninsule.

Un sommet USA-Corée du Nord dans «trois à quatre semaines»

Ce sommet a suscité un concert de louanges international. Le président américain a évoqué une rencontre «historique», la Chine a mis en exergue le «courage» de MM. Kim et Moon, la Russie s’est réjouie de «nouvelles très positives» et le Premier ministre japonais Shinzo Abe parle d’«un pas positif». Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a noté «le courage et le leadership» des deux dirigeants qui, selon la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini, montrent que «le chemin vers la paix est possible, contre toute attente». Les deux Corées se concerteront étroitement pour ne pas «répéter le passé malheureux qui a vu tourner court de précédents accords intercoréens», a affirmé M. Kim. En attendant, il a été décidé que M. Moon se rendrait à l’automne à Pyongyang pour ce qui sera le quatrième sommet intercoréen. Cette exceptionnelle détente est apparue depuis que M. Kim avait annoncé, le 1er janvier, la participation de son pays aux jeux Olympiques d’hiver organisés au Sud.
«Je viens d’avoir une longue et très bonne conversation avec le président Moon (Jae-in) de la Corée du Sud. Les choses se passent très bien, la date et l’endroit de la rencontre avec la Corée du Nord sont en train d’être fixés», a tweeté le président américain. Donald Trump, qui se félicite du déroulement de la rencontre entre les deux leaders coréens, se prépare à son sommet avec Kim Jong Un. La rencontre aura lieu «dans les trois ou quatre prochaines semaines», a dit le chef de la Maison Blanche lors d’un rassemblement de ses partisans dans le Michigan, et elle sera «très importante». D’après CBS News, la rencontre pourrait se tenir en Mongolie ou à Singapour.