Les croyants qui n’ont pas les moyens financiers et physiques sont exemptés du pèlerinage aux lieux saints de l’Islam. Au vu de la cherté des frais de voyage et de séjour en Arabie saoudite – plus de 80 millions de centimes par personne – ce précepte prend cette année exemple de l’actualité économique dominante et de la teneur du dinar.

PAR MILINA KOUACI
Après un arrêt de deux ans dû à la pandémie Covid-19, les pèlerins étrangers, y compris algériens, sont autorisés à accomplir le Hadj cette saison. Le quota de pèlerins algériens, au titre de la saison du Hadj 2022, est fixé à 18 697 personnes. Le coût, fixé à 856 100,00 DA, est en hausse de près de 300 000 comparativement au dernier pèlerinage organisé en 2019. Un montant que les opérateurs spécialisés dans l’organisation de ce voyage jugent acceptable, alors que l’association de protection du consommateur et les futurs hadjis l’estiment exorbitant.
L’Office national du pèlerinage et de la Omra (ONPO) a annoncé, hier, que le coût du Hadj pour la saison 1443/2022 a été fixé à 856 100,00 DA, frais de billet d’avion inclus. Dans un communiqué rendu public, l’ONPO a appelé les pèlerins éligibles pour accomplir le Hadj, cette année, à se rendre dans les meilleurs délais dans les services communaux de leur résidence pour retirer le certificat d’éligibilité ou le livret du hadj avant de se présenter aux commissions médicales de wilaya en vue d’effectuer les examens médicaux et recevoir les vaccins requis. Les futurs pèlerins vaccinés doivent se rendre dans les centres de vaccination anti-Covid, munis du passeport biométrique et de la Carte d’identité nationale pour récupérer le pass sanitaire contenant le QR code. Quant aux candidats non vaccinés, ils sont appelés à le faire pour obtenir le pass sanitaire. D’autres démarches et procédures administratives seront annoncées ultérieurement dans les délais prévus, a conclu la même source.
Le coût du Hadj a beaucoup augmenté comparativement aux prix pratiqués il y a deux années. Ce qui a suscité une vive polémique. Fixé à 856 100,00 DA contre 565 000 en 2019, le prix a augmenté de 291 100 DA cette année. Le montant fixé à suscité une vague d’indignation parmi les citoyens, notamment sur les raisons de cette hausse que l’ONPE n’a pas justifié. Selon des opérateurs de voyages, ces prix étaient «prévisibles». En Arabie Saoudite, le prix du hadj oscille entre 15 500 et 17 000 rials. En se référant aux coûts pratiqués à l’intérieur du pays, des opérateurs qualifient le montant fixé en Algérie de «correct» en raison des services offerts dans les lieux saints, en citant l’hôtellerie, les billets d’avion ainsi que le maintien du royaume des mesures préventives de lutte contre le coronavirus.
Pour sa part, l’Association de protection et d’orientation du consommateur et de l’environnement (Apoce) a dénoncé les prix élevés et demandé des explications. «Le montant a augmenté comparativement aux précédentes saisons, les autorités compétentes doivent s’exprimer sur les tarifs fixés». Il est à noter qu’après le début de la pandémie en 2020, seulement 1 000 personnes avaient été autorisées à effectuer le Hadj. L’année suivante, le ministère du Hadj a autorisé 60 000 pèlerins étrangers ou nationaux à accomplir le hadj. Ce chiffre est porté cette année à un million de personnes autorisées à accomplir ce rite religieux. Sur les 1 million de pèlerins attendus cette année, l’Algérie est classée à 11e place avec un quota de 18 697 hadjis. <