Par Bouzid Chalabi
Dans presque toutes les régions à vocation céréalière du nord du pays, les moissons ont débuté depuis quelques jours. Une campagne tout à fait particulière dès lors où les prévisions de récolte sont des plus optimistes, contrairement aux précédentes qui s’étaient soldées par un piètre résultat, soit un infime tonnage de 1,3 million de quintaux, toutes variétés confondues, sur une surface emblavée de 3,3 millions d’hectares.
Selon des échos qui nous sont parvenus de l’est du pays, toutes les conditions sont réunies pour que la campagne se déroule dans de bonnes conditions d’autant plus que les rendements attendus ont incité les Directions des services agricoles (DSA) de mettre à la disposition des céréaliculteurs la logistique nécessaire notamment en termes de moissonneuse-batteuse.
Une initiative qui n’a rien d’étonnant si l’on se réfère aux déclarations du ministre de l’Agriculture et du Développement rural Abdelhafid Henni, ces dernières semaines que «la récolte de cette année sera de loin supérieure à celle de ces six dernières années». Il a même avancé un volume de 2,2 millions de tonnes, soit près du double de la moisson de 2021. Sur ce dernier point, et pour éviter le maigre bilan de l’an dernier, le ministère a donc mobilisé tous les moyens nécessaires pour réussir l’actuelle campagne. En effet, selon Ali Zoubar, Directeur de la régulation et du développement des productions agricoles au ministère, «nous avons pris une série de mesures pour la collecte et le stockage de toute la production cette année, tout en évitant les erreurs du passé «, dernièrement au micro de la Radio nationale Chaîne I.
Toujours à propos de cette campagne moissons-battage, il faut savoir que les céréaliculteurs ont été sommés d’acheminer toutes leurs récoltes aux Coopératives de céréales et de légumes secs (CCLS) relevant de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC). Et cela contrairement à ce qui était en pratique auparavant où les céréaliculteurs décidaient eux-mêmes où vendre leurs récoltes. Il faut dire dans la foulée que les céréaliculteurs ne vont pas réfléchir par deux fois pour remettre leurs moissons aux CCLS après que le prix de vente a été revu à la hausse sur décision du chef de l’Etat. Notons, également, toujours à propos de ladite directive citée plus haut, le but recherché étant, selon le ministre du secteur, de permettre aux commissions locales chargées du suivi et de l’évaluation de la campagne moissons-battage 2022 de disposer de chiffres fiables «. A propos de ces commissions, leur installation, au début du mois de mai dernier, s’inscrit conformément au dispositif opérationnel pour la campagne moissons-battage 2022», explique le ministère de l’Agriculture.
Toujours dans ce même sillage, on apprend que les commissions locales sont présidées par les walis.» Elles regroupent les représentants du secteur, à savoir l’administration agricole locale, les instituts techniques et scientifiques chargés des grandes cultures, ainsi que les organismes techniques de suivi des productions de semences et des céréales de consommation (OAIC et CCLS)», précise la même source. Rappelons enfin que la campagne moissons-battage dans le Grand-Sud du pays, qui a débuté au mois d’avril, est en voie d’achèvement avec, à la clé, de hauts rendements à l’hectare. <