Par Nadir Kadi
Le ministre des Travaux publics et des Transports a communiqué, hier, plusieurs informations sur les «priorités» et projets de son secteur pour «désengorger» les principaux axes de la capitale et «achever» les projets en cours. Le responsable, invité de la chaîne privée Echourouk, a en ce sens évoqué plusieurs pistes pour «régler le problème» de la circulation à Alger en parallèle de la finalisation «définitive», avant 2024, du projet de l’Autoroute Est-Ouest. Et à ce propos, Kamel Nasri a laissé entendre que «des péages» pourraient bien être ouverts à l’issue des derniers travaux. Une idée qui apparaît pourtant controversée par une route construite sur le budget public et avec de larges dépassements d’enveloppe. Le ministre ajoute en ce sens, et sans s’étaler sur la question : «Nous devons continuer le projet, réaliser ces infrastructures (…) ensuite, nous parlerons des péages.»
En effet, interrogé sur le lancement de la taxation des passages sur l’autoroute, une possibilité souvent annoncée sans jamais entrer en application, le ministre estime que les points de péage ne peuvent être ouverts tant que l’autoroute est toujours en cours de finalisation. Ainsi en annonçant qu’au «dernier trimestre 2023, avec la réalisation du tronçon au niveau des frontières tunisiennes, nous aurons terminé entièrement l’autoroute», Kamel Nasri ajoute plus loin : «Il restera certaines infrastructures dont les péages. Nous ne pouvons pas commencer à faire payer tant que le projet n’est pas totalement terminé.» Pour rappel, les péages devaient entrer en activité dès janvier dernier : «Il était prévu que tout soit prêt au début 2021 (…) Il y a eu des complications avec des opérateurs et des bureaux d’étude, notamment pour le choix de l’implantation de péages face à l’opposition de propriétaires fonciers. Mais nous travaillons à résoudre ces problèmes.»
En ce sens, la proposition d’installer des péages est souvent justifiée en avançant le coût de l’entretien des routes, à ce titre, Kamel Nasri a fait savoir qu’«actuellement, le coût de l’entretien des routes est lourd pour les finances publiques», et expliquant que le pays comptait pas moins de «13100 kilomètres de route, dont 10 500 de route goudronnée». Ainsi la principale raison de la dégradation des routes ce sont les poids-lourds qui ne respectent pas la charge maximale autorisée. Ce qui a un énorme impact sur la qualité et la durabilité des routes». Kamel Nasri en tient pour preuve : «L’état de l’autoroute Est-Ouest au niveau de la wilaya de Bouira où la circulation des poids-lourds est importante. Nous avons pris en charge les travaux qui devraient bientôt s’achever. Mais je lance un appel à tous les chauffeurs routiers afin de respecter les charges qu’ils transportent.»
Quant à la circulation à Alger, une problématique devenue telle qu’elle paralyse l’activité et les déplacements dans la capitale, le ministre annonce : «Nous avons lancé une étude globale sur la circulation dans toutes les rues de la capitale (…) Il y a des solutions temporaires, notamment l’interdiction aux véhicules lourds de circuler dans plusieurs routes de la capitale en journée.» Et plus concrètement, la solution passerait, selon le ministre, par la réalisation de nouveaux axes entre les deux rocades : «Il y aura plusieurs nouvelles routes entre la nouvelle rocade d’Alger et l’ancienne rocade Sud entre Ben-Aknoun et Dar El Beïda. Ce qui diminuera la circulation.» Ces routes devraient être construites au niveau de Ouled Fayet, Draria, Sidi Fredj ou encore Bir Mourad Raïs, afin de «de diminuer la forte circulation dans une capitale qui a énormément grandie».
Responsable qui n’a cependant pas chiffré, hier, le coût du projet, Kamel Nasri a toutefois précisé que ce chantier sur «16 points» sera réalisé dans un délai relativement court : «Nous sommes en négociation avec plusieurs entreprises, le délai de réalisation est d’environ 12 mois». Le ministre ajoute plus loin : «Le travail au niveau de la capitale est difficile (…) Nous avons donné des instructions pour que les travaux soient exécutés uniquement la nuit.» Quant aux éventuelles désagréments, Kamel Nasri explique que «tous ces travaux permettent d’arriver à une solution effective pour le problème de la circulation au niveau de la capitale (…) Mais je dis aux habitants de la capitale qu’il est aussi probable que ces chantiers puissent, sur certains axes, avoir un impact sur la circulation. Je demande à faire preuve de patience (…) et nous réglerons le problème ensemble». n