Peu avant la projection en avant-première de la coproduction algéro-portugaise «Zeus», le réalisateur Paulo Filipe Monteiro a tenu une conférence de presse à l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaïeh, en compagnie des comédiens algériens et portugais.

Il est revenu sur les raisons de ce film, sur sa structure ainsi que sur le travail de préparation. Pour Paulo Filipe Monteiro, «le sujet de ce film est justement cette aventure, cette passion d’un portugais qui a tout quitté – il était président de la République, il avait été vice-président de la Société des nations, et à 65 ans, il quitte tout : la présidence, sa famille, sa collection d’art pour changer de vie totalement». Le réalisateur a rappelé que Manuel Teixeira Gomes connaissait déjà, avant son installation à Béjaïa qu’il «considérait comme la plus belle ville d’Afrique du Nord», le Maghreb et était «fou de la Méditerranée». «C’est un sujet sur cette mer Méditerranée, qui nous sépare mais qui nous unit aussi.
Et cette énorme passion, tendresse qui est celle de Teixeira Gomes se voit aussi dans le film. C’est aussi notre tendresse, de moi en tant que réalisateur, des acteurs, etc. C’est vraiment une rencontre très profonde entre deux cultures», a souligné le réalisateur qui a également signé le scénario et qui a travaillé sur le projet du film pendant huit ans. Paulo Filipe Monteiro a indiqué que la part la plus longue et la plus importante du travail concernait «la préparation et la recherche, soit au Portugal, soit ici en Algérie, parce qu’on ne savait presque rien sur sa vie en Algérie. Il fallait reconstruire un monde». Par la suite, il y a eu la recherche de financement, car «c’est un film très cher, un film d’époque». Quant au tournage, «il n’a pas duré longtemps», selon le réalisateur, et a eu lieu à Béjaïa mais également à Djanet (Illizi) puisque Manuel Teixeira Gomes, et avant son installation à Béjaïa jusqu’à sa mort en 1941, est passé par le Sud et «a passé quinze jours avec les nomades dans le désert». Questionné sur le titre du film, Paulo Filipe Monteiro a souligné que «ce qui m’a amené à faire ce film c’est ce geste inouï, invraisemblable de Teixeira Gomes de partir dans le premier bateau en partance de Lisbonne, donc j’ai donné au film le nom du bateau. J’aime les titres courts, et il se trouve que Zeus c’est un dieu berbère aussi et j’ai trouvé que c’était un ‘raccord’ très intéressant». Structuré en trois grandes parties ou «blocs», le film aborde la vie de président de Teixeira Gomes, sa vie en Algérie, ainsi qu’une mise en scène de l’histoire qu’il écrit «dans sa chambre d’hôtel à 77 ans» à savoir, le roman «Maria Adelaïde». En outre, le réalisateur a signalé qu’«on a eu la préoccupation, et aussi la production algérienne, de rendre compte de la vie en Algérie, des premiers mouvements nationalistes». Signalons enfin que le film devait être projeté hier à la Cinémathèque de Béjaïa, et qu’une avant-première a eu lieu en janvier dernier à la Cinémathèque de Lisbonne (Portugal), en présence du président de la République du Portugal, Marcello Rebelo de Sousa.