Le ministre de la Transition énergétique et des Energies renouvelables, Chems Eddine Chitour, a présenté hier certains des principaux axes de réflexion sur lesquels se basera le travail de son secteur dans les années à venir. Le responsable qui intervenait par visioconférence à l’invitation de la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC) a en substance repris les arguments qu’il défend depuis des années et qu’il entreprend d’inscrire comme éléments constituants de la feuille de route qu’il entend mener à travers son département.

Son grand message a été que l’Algérie doit rationaliser la consommation des énergies fossiles et tendre progressivement vers une transition qui la mènera vers l’exploitation des énergies renouvelables non seulement comme prime à l’écologie mais comme nouveau moteur économique. «Notre modèle énergétique est pervers, 80% de ce que nous consommons ne produit rien, c’est-à-dire que c’est une consommation de confort».
Un constat sans appel qui rend indispensable d’engager la «rupture» vers les énergies renouvelables, mais surtout vers un modèle qui privilégie l’économie. «Nous devons consommer moins, mais consommer mieux», a plaidé le ministre, ajoutant que «ce n’est pas demain que nous trouverons un autre Hassi Messaoud». «Notre principal ‘gisement’ est aujourd’hui l’économie d’énergie», a-t-il insisté, passant en revue une série de mesures déjà annoncées, notamment une réduction de la consommation de près de 35%, engageant les chantiers de «l’habitat et du transport».
En effet, Chems Eddine Chitour fait savoir que la plan imaginé par son secteur est que «chaque projet de nouvelle construction devra intégrer l’économie d’énergie», en donnant pour exemple l’utilisation de double vitrage et l’étude de l’isolation afin d’éviter les déperditions d’énergie. Une mesure qui concernerait également les plus «de 8 millions de logements», ou encore «les 18 500 mosquées», a-t-il rappelé, non sans évoquer les chantiers ouverts en ce qui concerne les transports.
La nouveauté, hier, à vrai dire, était dans le discours de la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC). Son président Mohamed Sami Agli s’est positionné en faveur de la politique souhaitée par le département de M. Chitour. Il a déclaré que les chefs d’entreprise qu’il représente sont d’accord avec la démarche du ministre et qu’ils la défendront comme une perspective doublement intéressante, voire inévitable tant sur le plan énergétique stricto sensu que sur le plan économique. Pour le président de la CAPC, la rencontre avec le ministre, la deuxième après celle du 18 janvier dernier, au siège du ministère de la Transition énergétique, «marque le lancement d’une réflexion de fond sur le rôle de l’entreprise dans la nouvelle politique énergétique nationale».

«Des enjeux considérables», selon M. Agli
D’après le numéro un de la CAPC, «l’urgence pour notre pays de se tourner vers une transition plus en faveur des énergies renouvelables, tient notamment d’une consommation interne de gaz qui devient insoutenable, de la chute des prix du pétrole et du gaz naturel sur le marché mondial et de l’apport de EnR en matière de développement économique et création d’emplois des nouveaux métiers». Pour le président de la CAPC, «la recherche d’alternatives aux énergies fossiles doit être considérée comme une priorité nationale, car c’est de la sécurité énergétique de notre pays dont il s’agit». «Les enjeux sont considérables», a-t-il détaillé. «Une filière industrielle à promouvoir, des milliers entreprises à créer ou à reconvertir, des filières de formation à développer et à la clé des centaines de milliers d’emplois verront le jour». A ce titre, a souligné son président, «la CAPC soutiendra toute politique publique qui encourage les projets relatifs aux énergies renouvelables impliquant des technologies nouvelles et innovantes». «Les entreprises algériennes ont un rôle central à jouer pour faire face aux défis de cette transition énergétique. Ces défis sont aussi autant d’opportunités de
renforcer le leadership international des entreprises algériennes vers une
Afrique subsaharienne qui ambitionne de développer 30 GW de solaire à l’horizon 2025». «S’il y a bien un secteur vers lequel il faudra orienter la politique d’entrepreneuriat et d’investissement, c’est bien celui-là», a conclu Mohamed Sami Agli.