Un florilège de patrons d’entreprise a pris part à une rencontre organisée par la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC), hier, à l’hôtel El Aurassi, sous le thème «la relance c’est maintenant».

Par Bouzid Chalabi
Une réunion marquée par de riches débats autour des grandes questions de développement économique et social, notamment celles relatives à l’économie informelle et au système productif, animés par une pléiade d’experts tous autant convaincus que «le numérique et les énergies renouvelables sont des indéniables leviers de croissance dont le pays a grand besoin».
Dans cette optique, le patron du CAPC, Samy Agli, a confié lors de son discours d’ouverture : «Nous aspirons à devenir de véritables partenaires des pouvoirs publics dans le dire vrai.» Tout en précisant dans la foulée : «On ne peut prétendre à un avenir meilleur de l’économie sans avoir une base solide, à savoir de la confiance. C’est d’ailleurs primordial, si l’on veut avancer.» A propos de l’avenir de l’entreprise algérienne, Sami Agli s’est montré catégorique : «Nous avons tous, gouvernement et patronat, la responsabilité de la protéger.» Comme il a soutenu dans cette optique : «L’entreprise doit devenir une question centrale au sein de toutes les visions futures.» Soutenant dans ce sens que «nous avons choisi l’action et non pas les déclarations».
Après cette allocution, c’était au tour de Souheil Guessoum, président du Syndicat national du patronat citoyen du numérique de donner une conférence portant sur «les tendances du numérique : qu’en est-il de l’Algérie ?». Ce dernier s’est exprimé avec beaucoup de passion au point de retenir l’attention des participants car révélant d’amères vérités surtout sur le retard pris par le pays en matière de «numérique». Citant entre autres «la carte nationale biométrique». Déplorant avec insistance qu’alors que «la carte nationale biométrique mise à notre disposition a plusieurs applications d’une très grande utilité et non des moindres puisqu’elle peut servir à rendre efficace le ciblage des subventions comme l’assurent les pouvoirs publics, mais qu’on ne met pas à profit, malheureusement». Et de s’étonner : «A quoi ça sert d’avoir un numéro d’identifiant unique si on ne s’en sert pas.» Autre constat déplorable pour le conférencier, «la plupart de nos entreprises continuent de fonctionner manuellement, alors qu’ailleurs la numérisation avance à grands pas. En témoigne «la taxe élevée sur les produits informatiques, alors qu’ailleurs elles sont de plus en plus basses». Par ailleurs, le classement du revenu issu de la numérisation par pays, l’Algérie est à la traîne par rapport à nos voisins tunisiens et marocains. En effet, «dans leur PIB, le taux du numérique se situe entre 15 et 17%, alors que nous ne dépassons pas les 3,5%. Or, avec plus de liberté d’entreprendre dans ce domaine nous pouvons facilement nous hisser à des rangs supérieurs». Et de conclure : «Devant les enjeux futurs, la numérisation de notre économie devient plus qu’imposante.»
Notons que deux tables rondes ont été organisées dans la matinée lors de cette rencontre. La première portant sur l’économie informelle et la seconde sur la compétitivité de l’économie nationale. Concernant le thème de l’économie informelle, les panélistes se rejoignent à dire : «Pour une croissance effective cela exige un environnement sain. Mais jusqu’à présent, l’informel continue d’être à tous les niveaux de notre économie. Pour que cela change quelque peu, dans un premier temps, il suffirait d’une réelle volonté à y faire face.» Quant à la question de la compétitivité de l’économie nationale, les intervenants sont unanimes : «Cela exige une administration économique efficace ainsi qu’une allocation des ressources publiques transparentes et efficientes.» Et de soutenir enfin : «Il ne peut y avoir une diversification de l’économie et des exportations sans une compétitivité durable de nos outils de production.» <