Le président du Forum des chefs d’entreprise (FCE), Mohamed Sami Agli, a salué, hier, les décisions qui ont été prises dans le cadre du plan d’action du gouvernement pour relancer l’économie nationale, indiquant, qu’elles sont capables de créer une dynamique dans les mécanismes de l’économie nationale affectée par la baisse des revenus pétroliers et la propagation du Covid-19.
S’exprimant dans l’émission matinale de la Chaîne I de la Radio nationale, Mohamed Sami Agli, affirme que le forum du FCE apprécie la volonté affichée du gouvernement de revitaliser l’économie nationale, ainsi que les décisions courageuses et importantes du président de la République Abdelmadjid Tebboune, notamment les points relatifs à la réduction des importations et à la rationalisation des dépenses.
Le président du FCE estime, toutefois, que les «actes doivent suivre les paroles avec l’accélération de l’application concrète des décisions de réformes» sur le terrain. Estimant que l’urgence actuellement est «la réforme du système bancaire qui est mère de toute les réformes». Il ajoute que la crise économique engendrée par la pandémie de la Covid-19 est «une occasion unique que l’Algérie doit saisir pour revoir en profondeur son modèle économique et apporter les changements nécessaires pour la construction d’une véritable économie forte et pérenne» Il précise à propos du volet financier et bancaire qu’à l’ «ère de l’économie, du numérique et la dynamique des start-up, ce n’est pas normal que l’institution bancaire en Algérie soit à la traîne et en décalage avec la réalité du terrain tant au niveau national qu’international».
Le président du FCE suggère à ce propos que la première chose à faire dans le cadre de ces réformes, c’est d’accélérer la numérisation du réseau financier afin de mettre les banques algériennes aux normes des places financières internationales.
Il s’agit aussi d’une réelle ouverture du marché avec notamment l’allégement des procédures administratives pour la création de banques privées, ainsi que la convertibilité de la monnaie, afin de sortir des marchés parallèles de la devise». Dans l’esprit d’absorber les liquidités qui circulent dans le marché parallèle, il appelle également au renforcement des services bancaires islamiques pour absorber le bloc de trésorerie du marché noir qui se comptabilise en dizaines de milliards de dollars.
Accélérer l’acquisition
des usines
en faillite
Par ailleurs, Mohamed Sami Agli a exprimé sa satisfaction sur la décision gouvernementale d’autoriser les opérateurs économiques et les investisseurs à acheter des usines d’occasion. Il souligne que cela représente une opportunité pour les hommes d’affaires d’acquérir des usines déclarées en faillite par la pandémie de la Covid-19 dans de nombreux pays du monde, considérant que cette étape permettra de construire rapidement une nouvelle économie renforcée par l’expertise et le savoir-faire de ces usines.
Le président du FCE souhaite que les mécanismes de ces acquisitions devraient être facilités et accélérés pour relancer l’économie nationale d’autant plus que «la situation épidémiologique montre que sans une économie diversifiée et forte, nous ne pourrions pas survivre», affirmant dans ce sillage que plus de 90% des entreprises nationales sont fragilisées et ne pourront pas résister longtemps à cette crise. Dans ce contexte, Mohamed Sami Agli considère que la bureaucratie est l’un des points noirs qui entravent le développement de l’économie algérienne et que le FCE apprécie la volonté affichée du gouvernement de surmonter cet obstacle afin d’encourager les investisseurs.
Au final, le président du FCE estime qu’aujourd’hui «il est important
de créer un climat de confiance vis-à-vis des opérateurs économiques car c’est l’avenir de l’Algérie qui est en jeu».
Tout en rappelant que l’économie est la colonne vertébrale d’une nation, il souligne que «les responsables politiques et les opérateurs économiques devraient travailler la main dans la main pour sortir
de cette crise» mettant en exergue le fait que «la justice sociale est intimement liée à une stabilité économique.
Cela nécessite un accompagnement des entreprises afin de renforcer le tissu industriel et préserver les emplois». Il conclut son intervention sur les ondes de la Radio nationale en annonçant qu’une assemblée générale des membres du FCE est prévue pour le 22 juillet prochain avec, à l’ordre du jour le changement
de nom et du règlement interne, déclarant que «c’est un acte symbolique pour marquer une rupture avec le passé et acter l’engagement de nos membres pour l’économie nationale». <