Par Bouzid Chalabi
L’option d’une amnistie fiscale des entreprises du secteur économique privé, qui étaient jusqu’ici exclues, ne semble pas écartée. C’est du moins ce qu’a avancé le Premier ministre, ministre des Finances, Aïmene Benabderrahmane, lors d’une réunion du gouvernement, samedi dernier, ajoutant même que «toutes les options sont à l’examen». Commentant cette affirmation, le patron de la Confédération des industriels et patronat algérien (CIPA) Abdelwahab Ziani, juge que «c’est la meilleure option si l’on veut relancer nos entreprises, autrement dit, l’outil de production nationale». Le patron de la CIPA, qui s’exprimait hier sur les ondes de la Radio nationale Chaîne III, juge par ailleurs que si cette éventualité venait à être adoptée «cela va redonner, sans aucun doute, beaucoup d’espoir aux entreprises». Mais il a tenu à préciser : « Nous ne demandons pas une amnistie fiscale générale, mais, seulement, de reporter la fiscalité à l’année d’après comme cela s’est fait dans d’autres pays suite à la crise économique mondiale provoquée par la pandémie de la Covid-19». Arguant par la que «cela va permettre sûrement aux entreprises de constituer une trésorerie qui leur fait grandement défaut mais dont elles ont besoin pour pouvoir faire face aux contraintes qu’elles rencontrent sur le terrain». En somme, pour l’invité de la radio, « un plan fiscal serait le bienvenu pour les entreprises car il ne leur est plus possible depuis 2019 de maintenir la ressource humaine et le niveau de fiscalité en vigueur, si l’on ne décide pas de mener une profonde réforme de la fiscalité ou tout au moins l’alléger de façon à ce que les entreprises puissent aller de l’avant». Et de s’indigner dans la foulée : «Ce n’est pas avec des redressements fiscaux que l’entreprise peut s’en sortir.» Ziani préconise donc de mettre en place des plans d’actions fiscaux «à même d’alléger le poids de la fiscalité sur les entreprises. Poursuivant dans ce sens : «Faire du cas par cas et de dialoguer car, dans certains segments d’activités, les entreprises méritent un accompagnement compte tenu de leur importance dans les besoins d’autres secteurs». «Ce sont surtout les entreprises prioritaires qu’il faut soutenir avant qu’elles ne disparaissent avec toutes les conséquences sociales que cela peut engendrer». Avant de clore ce chapitre, le président de la CIPA dira : «Aujourd’hui, il est urgent de trouver un barème fiscal qui puisse arranger et l’Etat et les entreprises.» A propos de la situation actuelle dans laquelle se sont retrouvées des milliers d’entreprises, Ziani n’a pas mâché ses mots : «C’est le secteur du BTPH qui a été le plus profondément impacté par la crise sanitaire et économique que traverse le pays depuis 2020. Un secteur où les pertes d’emplois se comptent par milliers et les entreprises dissoutes par centaines. Mais ce qui est le plus regrettable, c’est que des entreprises, qui maîtrisent parfaitement leur corps de métier et ayant de l’expérience les rendant très concurrentiels, n’ont eu d’autres alternatives que de mettre la clé sous le paillasson, alors qu’avec un peu de soutien et l’accompagnement financier des banques publiques, elles auraient pu s’en sortir. Ce qui, malheureusement, n’a pas été le cas, nos banques préférant ne pas s’impliquer en appliquant à outrance les règles prudentielles qui, dans certains cas, étaient plutôt excessives quand des entreprises disposaient de réels atouts de reprise de leurs activités.» Toujours à propos du secteur BTPH, le patron de la CIPA juge qu’«un secteur aussi stratégique mérite toute l’attention des pouvoirs publics».