L’Office de la protection de la vallée du M’zab (OPVM) de Ghardaïa, une institution chargée de protéger et de restaurer la grandeur d’un passé architectural glorieux et l’authenticité d’un savoir-faire inégalé dans les domaines culturel, urbanistique et social de la région, a célébré, avant-hier, son cinquantième anniversaire. Kamel Ramdane, directeur de l’OPVM, explique que l’organisme sous tutelle du ministère de la Culture s’est fixé pour objectif de protéger et de promouvoir le patrimoine culturel, matériel et immatériel et de créer des mécanismes à même de permettre sa préservation et son développement sur la base d’études et expériences réussies dans le domaine de la restauration et de la rénovation. En effet, la réalité urbaine de la région du M’zab, caractérisée par un tissu urbain original et un héritage architectural précieux, à travers les ksour aux caractéristiques géométriques et architecturales atypiques, nécessitait la mise en place d’un instrument pour la préservation, la restauration et la valorisation de ce patrimoine culturel matériel et immatériel. Pour parer à la décrépitude qui pèse sur ce précieux patrimoine architectural unique en son genre, les pouvoirs publics ont institué, le 27 janvier 1970, un organisme appelé « atelier de restauration de la vallée du M’zab’ », avant de devenir Office de la protection et préservation de la vallée du M’zab (OPVM). Dans le bilan de ses cinquante ans d’activités sur le terrain, l’OPVM a réussi à réhabiliter plus d’une soixantaine de monuments historiques dans la vallée du M’zab et les régions de Metlili, Berriane, Guerrara, Daya Ben-Dahoua et El-Menea, a indiqué son directeur à l’APS, précisant que l’OPVM a contribué au classement comme patrimoine national de la vallée du M’zab en 1971, le Ksar de Métlili en1982, le Ksar d’El-Menea en 1985, et les Ksour de Berriane et Guerrara en 1998. L’OPVM a également contribué au classement en 1982 de la vallée du M’zab comme patrimoine universel par l’Unesco.

Patrimoine universel de l’Unesco
Le classement par l’Unesco de cet espace urbanistique est l’aboutissement d’un long processus d’accumulation historique et d’actions ponctuelles de réhabilitation effectuées par les pouvoirs publics, d’un côté, et l’attachement de la population de la vallée du M’zab et autres acteurs locaux à leur patrimoine matériel, de l’autre, a souligné le directeur de l’OPVM. La région de Ghardaïa avec l’ensemble de ses ksour conçus magistralement par les aïeux sous forme architecturale «d’amphithéâtre», épousant le site rocailleux, en tenant compte du climat et des concepts religieux, a pu garder sa structure urbaine durant plus de dix siècles avant de devenir un centre d’intérêt de l’organisme onusien, a souligné le premier responsable de l’OPVM. L’architecture du M’zab, dont s’est inspiré Le Corbusier, ainsi que les ouvrages et systèmes hydrauliques ancestraux attirent annuellement de nombreux chercheurs et spécialistes en la matière. Ce patrimoine n’est pas uniquement historique et architectural, il est également culturel, artisanal et immatériel, et son classement comme patrimoine mondial constitue un atout supplémentaire pour le développement économique de la région basé sur le tourisme, a fait savoir Kamel Ramdane. La préservation de ce patrimoine et sa mise en valeur ont nécessité la réalisation de plus de 200 plans d’urbanisme, 539 relevés topographiques, une trentaine d’études techniques ainsi que des opérations de restaurations. Quelque 2 000 habitations traditionnelles dans les différents ksour de la vallée ont été restaurées et renforcées avec un traitement de façades ainsi que plus d’une vingtaine d’opérations de réhabilitation des tours de Guet et une vingtaine d’opérations de rénovation des Portes des ksour, en plus des opérations de réhabilitation de monuments funéraires, aires de prières, mosquées et remparts, le système de partage des eaux et les places de souk. De même qu’un plan de protection et de sauvegarde du patrimoine rupestre des sites archéologiques de la région a été lancé ainsi qu’une application « play-store » sur smartphones dédiée à la promotion des sites et monuments historiques de la vallée du M’zab. D’autre part, l’OPVM a également lancé la mise en œuvre d’un système d’information géographique (SIG) pour le secteur sauvegardé de la vallée du M’Zab. Le système permet de réunir l’ensemble des données sur différentes thématiques de la vallée du M’zab, en vue de mieux maîtriser son évolution spatiale et urbanistique et de cerner les différents problèmes du secteur sauvegardé. L’OPVM focalise son intérêt sur la protection et la préservation de cet héritage naturel et architectural ainsi que sur le patrimoine de la vallée du M’zab classée patrimoine matériel et immatériel de l’humanité, a fait savoir son directeur. Cet intérêt s’illustre à travers des actions soutenues de protection de l’architecture des ksour de la région véritable « musée à ciel ouvert» et le lancement d’un plan de sauvegarde de la vallée du M’zab classée « Secteur Sauvegardé » en 2005 par décret exécutif n° 05/209. Ce plan de sauvegarde en conformité avec la loi sur le patrimoine 04/98 du 15/07/1998 est en cours d’élaboration, a conclu le directeur de l’OPVM.