Ce produit agricole extrait de l’écorce des arbres est en déclin en raison de la dégradation du milieu forestier dans notre pays.
La récolte de liège pour la campagne 2019-2020 devrait atteindre les 80.000 quintaux, selon les déclarations à l’APS du directeur général des forêts (DGF), Ali Mahmoudi. Ces prévisions dépendent cependant de paramètres naturels et météorologiques qui peuvent les contredire. La récolte du liège se poursuit jusqu’à mi-septembre prochain, sauf en cas d’imprévus majeurs tels les grosses chaleurs, les feux de forêt ou encore les averses. «Dans de telles conditions, le liège levé recolle au tronc et ne peut être prélevé, ce qui nous oblige d’interrompre la récolte dans les endroits touchés par ces incidents pour la reprendre l’année d’après», explique M. Mahmoudi.
«Depuis le lancement de cette campagne le 15 juin dernier et jusqu’à la première semaine du mois d’août courant, une quantité de 36.800 quintaux a déjà été récoltée, contre 29.000 quintaux à la même période de l’année précédente», a ajouté le directeur général de la DGF qui a rappelé que la récolte de la saison 2018-2019 était de 59.607 quintaux. Raison de plus d’être prudent avec les prévisions pour la campagne de cette année (80.000 quintaux), la production moyenne par saison en Algérie est d’environ 60.000 quintaux par an, selon les indications de M. Mahmoudi. La production de liège dans notre pays concerne 22 wilayas productrices à travers le pays et sa levée (prélèvement de l’écorce de l’arbre du chêne-liège) se fait selon des rotations de 9 à 12 ans sur des arbres adultes, explique le premier responsable de la DGF. Pour ce qui concerne les surfaces occupées par le chêne-liège dans les régions de production, le directeur général de la DGF affirme qu’elles ont considérablement diminué en passant de 450.000 hectares à 200.000 hectares. Il attribue ce déclin important de ce patrimoine écologique à forte potentialité économique à la décennie noire durant laquelle les subéraies ont été lourdement touchées. Il évoque également la dégradation du patrimoine forestier, les feux de forêts et l’exploitation illicite des jeunes arbres provoquant leur mort. Pour réhabiliter les forêts de chêne-liège endommagées, M. Mahmoudi a fait part d’un projet de coopération que l’Algérie avait conclue avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dans le cadre du développement durable. Le projet concerne trois wilayas pilotes productrices, à savoir Jijel, Béjaïa et Tlemcen pour lesquelles l’Organisation onusienne proposera des solutions de réhabilitation de subéraie. Le premier responsable de la DGF évoquera d’autre part la problématique des bois et surfaces de chêne-liège appartenant aux privés qui sont à l’abandon faute de permis d’exploitation. «Ces terres sont dans l’indivision, a-t-il fait constater, en appelant leurs propriétaires à régulariser leurs situations juridiques pour se faire délivrer des actes leur permettant l’exploitation régulière et réglementée de leur liège.» <