L’habit traditionnel, en particulier la kachabia et le burnous de Messaad dans la wilaya de Djelfa, est à l’honneur depuis lundi 30 mai et jusqu’à aujourd’hui 31 mai à l’occasion du programme organisé par le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, en collaboration avec le PNUD et l’Union européenne sur la valorisation du patrimoine et de développement de l’économie locale.

Par Selma Allane
Ce programme, que le public connaît sous le nom acronyme de CapDel (cap sur le développement local, pourrait-on résumer), associe des acteurs associatifs et de la société civile autour de projets centrés sur le développement local et durable notamment. Pour l’évènement consacré à la kachabia et au burnous de Messaad – considérés comme des emblèmes de haute culture locale et patrimoniale, en plus de son utilité en période de froid surtout dans la région des Hauts-Plateaux d’où ils sont issus – le CapDel a pris comme partenaire l’association «Tamkeen» avec pour thématique «Identité du territoire, protection et valorisation d’un savoir traditionnel pour un développement économique local durable».
Selon un communiqué du PNUD Algérie, «Tamkeen» a bénéficié d’un financement et d’un appui du programme CapDel pour la mise en œuvre d’un projet associatif «autour de la filière de la kachabia et du burnous» et du tissage traditionnel. Un métier menacé de disparition en raison du peu d’engouement des nouvelles générations pour cette activité et pour la faiblesse de rentabilité d’un produit qui a surtout besoin, aujourd’hui, d’une véritable politique de marketing.
L’association «Tamkeen», apprend-on, a été retenue «pour lancer une Initiative stratégique de développement économique local, susceptible de booster et d’entretenir une dynamique de développement sur le territoire de Messaad». Le PNUD Algérie explique que la démarche, aujourd’hui à l’honneur, a été enclenchée «avec la participation d’un groupe d’acteurs locaux institutionnels, de la société civile et de la sphère économique, qui considèrent qu’elle présente un fort potentiel de développement sur le territoire et une opportunité d’intégration socioéconomique pour les femmes et les jeunes de la région de Messaad».
L’évènement consacré aujourd’hui, poursuit la même source, est «une opportunité pour le partage d’expériences». Il vise «à mobiliser les acteurs du territoire qui activent dans la filière du tissage de la kachabia et du burnous, afin de mieux sauvegarder le savoir-faire traditionnel ancestral et contribuer ainsi à un développement économique local inclusif et durable de la commune».
Un espace d’exposition de la kachabia et du burnous est installé à l’occasion de la rencontre, en collaboration avec des associations et des porteurs de projets», afin de présenter des échantillons de ces manteaux traditionnels qui font encore la réputation des Ouled Naïl, dont Messaad est la capitale, ainsi que les matières premières et les métiers à tisser utilisés dans sa production», indique le communiqué du PNUD Algérie.
En marge de l’exposition, des débats sont organisés en «séance plénière et en ateliers thématiques», animés «essentiellement par des acteurs institutionnels des secteurs de la Culture, du Tourisme, de l’Artisanat, à travers des communications sur le potentiel de la région de Messaad dans le domaine du tissage traditionnel, l’estampillage des tissages traditionnels, la labellisation du produit traditionnel et l’inscription sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité». Des recommandations pour le développement de la filière sont attendues à la clôture de l’évènement, ainsi que des propositions pour le développement de «projets de la labellisation, d’estampillage et d’inscription des savoir-faire sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité», précise le PNUD Algérie. Les acteurs de la filière, appuyés par le PNUD Algérie et l’Union européenne, plaident l’institutionnalisation de la «Journée nationale de la kachabia» à Messaad. <