La crise sur le marché des médicaments a pris dernièrement une autre tournure avec la grève lancée par le Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (SNAPO). Même si un accord semble avoir été trouvé jeudi dernier, après la rencontre avec le ministre de l’Industrie pharmaceutique, le sujet du conflit soulève une question d’une importance primordiale, celle de la sécurité sanitaire.
Le Snapo est monté au créneau pour, entre autres, la remise en cause, comme cela a été mentionné dans son communiqué, de «la mission principale du pharmacien», celle «d’assurer l’accessibilité des médicaments aux citoyens». Une situation que chacun peut constater autour de lui, dans son entourage. Le syndicat a recensé plus de 300 médicaments en rupture de stock, et dont la première victime est évidement le citoyen. La situation s’est donc détériorée encore plus qu’il y a une année, avec le début de la propagation de la pandémie. C’est qu’au fil des semaines et des mois, le ministère de la Santé semble s’être totalement transformé en celui exclusif de la Covid-19.
S’occuper de la pandémie devrait pourtant ne pas faire oublier les millions de personnes à travers le pays qui ont un besoin vital de médicaments. Combien de familles algériennes souffrent de cette situation ? Nombreuses, trop nombreuses.
La débrouillardise est toujours d’actualité pour pouvoir se procurer le fameux produit dont ont besoin les malades. Ce qui engendre des cas parfois des plus absurdes et dans lesquels s’en sortent ceux ayant les «bras longs».
Avoir dans son réseau personnel un pharmacien est devenu, depuis trop longtemps, obligatoire pour espérer obtenir un médicament. Maintenant, c’est devenu insuffisant. Il y avait également la solution d’avoir des connaissances au niveau des employés d’Air Algérie pour apporter des médicaments de l’étranger, mais avec l’annulation des vols c’est devenu difficile. Ainsi, même ces «privilégiés», au carnet d’adresses bien étoffé, n’arrivent plus à subvenir à leurs besoins sanitaires. Que dire alors des citoyens lambda, n’ayant ni réseau ni connaissances ! La crise engendrée par la pandémie a levé le voile sur le «système» en cours, qui arrangeait peut-être certains, mais dont les plus démunis étaient les grandes victimes. Le changement passe également par la disparition des passe-droits. Ce n’est pas un privilège, mais avant tout, un droit, celui de pouvoir se soigner.