La rencontre à la librairie du Tiers-Monde d’Alger lors de la vente-dédicace de son dernier ouvrage «Mes indépendances» a mis en avant un auteur dont les apparitions publiques sont de plus en plus rares en Algérie.

Réunissant une sélection de 186 chroniques écrites entre 2010 et 2016, la vente-dédicace du dernier ouvrage signé par le journaliste et écrivain Kamel Daoud, intitulé Mes indépendances et paru récemment aux éditions Barzakh, a attiré, tout au long de l’après-midi de samedi à la librairie du Tiers-Monde d’Alger, plusieurs dizaines de personnes, des anonymes mais également des personnalités de la culture et de la presse ou encore des ambassadeurs. La rencontre a ainsi mis en avant un auteur dont les apparitions publiques sont de plus en plus rares en Algérie, ayant pour rappel suscité la polémique par ses prises de position à propos de la société algérienne, de faits impliquant des Maghrébins à l’étranger ou encore en exposant son point de vue sur la question palestinienne, avec parfois des phrases lui ayant valu les réprobations de nombre d’intellectuels, mais aussi des menaces de mort. La parution du recueil Mes indépendances ne serait, cependant, pas à considérer comme une quelconque réponse. « Il s’agit d’un livre que des lecteurs m’ont demandé et que j’avais envie d’offrir », nous dira en ce sens l’auteur, en marge de la vente-dédicace. Avant d’ajouter que «les 186 chroniques représentent les questions que je traite le plus (…)» «Cela fait maintenant 19 ans que j’écris chaque jour des chroniques sur différents thèmes, mais, bien sûr, il y a de grands sujets sur lesquels on est obligé de revenir. Ce sont en fait les blessures, les crises ou les grandes questions de notre époque ». Estimant ainsi que les textes sélectionnés, notamment la chronique traitant des agressions du Nouvel an à Cologne, ainsi que d’autres traitant sur la religion ou encore de la place de la femme dans nos sociétés, restent toujours d’actualité. « Le choix a été fait parmi près de 2 000 chroniques. Nous avons donc privilégié des textes lisibles pour le lecteur algérien mais aussi étranger (…) Par ailleurs le livre recueille des chroniques dont la raison n’a pas disparu, qui touche à des questions du quotidien, qui font partie de la mémoire du lecteur ». Kamel Daoud, et bien qu’il n’ait pas souhaité revenir sur les polémiques qu’il a suscitées, a toutefois commenté le procès qui l’avait opposé à Abdelfatah Hamadache, suite à la proclamation par ce dernier d’une « fatwa » contre l’écrivain. « Cela fait partie de la vie de ceux qui agitent des idées, des mots ou des linges (…) J’ai écrit des milliers de chroniques, je ne vais pas consacrer ma vie à répondre ou justifier une seule d’entre elles. Quant au procès face à l’islamiste, cela n’est pas très important (…) L’important est l’échange d’idées, le débat… que l’on essaye de comprendre. Ma personne n’est pas importante. »