Le livre est disponible depuis hier. C’est un appel du cœur de l’avocat Ali-Yahia Abdennour pour un changement pacifique et démocratique. Le nouveau livre d’Ali-Yahia intitulé «Mon testament pour les libertés», édité par Koukou-Edition, se veut une analyse de l’état actuel du pays et une projection pour sortir de ce que l’auteur appel «un marasme».

«Il est tout à fait normal qu’un régime bâti sur la violence préfère cette dernière à tout ce qui est politique et pacifique», a déclaré avant-hier l’auteur, plaidant pour un respect total des droits de l’homme, seule condition d’aboutir, selon lui, à un réel Etat de droit. L’avocat plaide aussi pour la levée «de toute tutelle sur le peuple», à travers le respect de sa souveraineté, notamment avec «l’organisation d’élections propres». «Tout cela mettra fin à la dérive totalitaire du régime», explique l’avocat, avant d’appeler à une transition démocratique, d’où sera banni le recours à la violence. «Un pouvoir qui se personnalise et se centralise à l’excès demeure inefficace, non seulement dans le domaine des libertés et des droits de l’homme réduits à leur plus simple expression, mais aussi dans celui de l’économie, du social et du culturel, où tous les indicateurs sont au rouge», écrit l’ancien président de la LADDH dans son texte de présentation du livre. L’avocat traite tous les aspects liés à la fois au respect des droits de l’homme et au pouvoir. Séparations des pouvoirs, pouvoir économique, rôle de l’armée, de l’école, de la société civile, des partis politiques… tous est passé au peigne fin pour aboutir à la nécessité, dit-il, d’engager une réelle refonte de tout ce paysage. «La tutelle sur le peuple est révolue. Il est souverain et doit reprendre le pouvoir qui lui a été confisqué par des élections massivement truquées», dénonce-t-il. Avant d’ajouter que cet état de fait a créé «une situation grave», car «des élections truquées sont une atteinte aux droits de l’homme». Pour les projections, Ali-Yahia garde toujours l’espoir de voir les choses évoluer vers le positif. « L’opposition nationale, qui a conscience de représenter la grande majorité des Algériens, se concrétise par les partis politiques qui doivent se fédérer, la société civile dans sa diversité, les syndicats autonomes, la jeunesse qui incarne la volonté d’action, les femmes marginalisées, qui doivent prendre la place à laquelle elles ont droit dans la société, leur juste place qui est l’égale de celle de l’homme, les régions qui luttent pour la régionalisation et non pour le régionalisme, les intellectuels, les chercheurs… C’est toute cette force, considère l’auteur, qui sera le fer de lance de tout changement. Interrogé sur sa participation aux réunions de l’opposition à Mazafran, Ali-Yahia Abdennour a révélé que l’échec de cette tentative est à imputer essentiellement aux islamistes qui pensaient, a-t-il dit, «qu’ils ont tout le peuple avec eux». Il a ajouté que les démocrates présents dans ce conglomérat appelaient à la mise sur pied d’une instance qui garantira des élections propres pour connaître le poids des uns et des autres