Le 37e numéro de la revue d’étude et de critique sociale «NAQD» est consacré aux médias avec le titre générique « Médias, Communication et Société. Des temps nouveaux ». Il sera très prochainement disponible en librairie, a annoncé son éditeur, l’historien et écrivain Daho Djerbal, dans un communiqué parvenu à la Rédaction.

Ce nouveau numéro est ainsi consacré à la question centrale des médias algériens, de l’évolution du contexte dans lequel travaillent les « 5 000 à 6 000 » journalistes du pays, ou encore à la notion d’information, de son rôle dans la société ou plus encore à sa marge de liberté, précise l’éditeur dans ce communiqué. Il ajoute que le thème, qui fait immanquablement écho à l’actualité, était l’occasion « d’explorer avec une distance critique ce qui s’est passé dans le domaine des médias comme au sein de la société algérienne durant ces deux à trois dernières décennies ».  Figurant parmi les rares publications développant des lectures « académiques » des évolutions sociales, en Algérie et dans la monde, tant du point de vue  historique, économique que politique, en œuvrant à chaque numéro de rester proche des « grandes questions du moment », la revue «NAQD» propose aux lecteurs, à l’occasion de ce nouveau numéro, des contributions de dix chercheurs et universitaires. L’ouvrage, rédigé comme à son habitude en langues française et arabe, débute par une plongée dans l’histoire récente des médias algériens, notamment à travers la contribution de Belkacem Mostefaoui, intitulée «Jeux de pouvoir dans la gouvernance des médias en Algérie au prisme du mouvement populaire du 22 février 2019 », ou encore celle de Aldjia Bouchaala et Aïssa Merah, «Les mutations de l’espace public médiatique en Algérie. Les journalistes hors-champ ». Des recherches qui œuvrent, explique-t-on, à trouver des réponses à la question des conséquences des bouleversements et crises des trois dernières décennies. «En quoi et comment les coups de boutoir portés par les mouvements sociaux de la fin des années 1980-1990 et par la montée des extrémismes religieux et culturels, ont-ils généré et fortifié au sein de la société des ferments de résistance contre le système médiatique unanimiste, bétonné par les tenants des appareils d’Etat ? » La revue revient aussi sur le « financement » et le « modèle économique », dans lequel s’insère aujourd’hui le paysage médiatique, avec entre autres le témoignage « Economie de la presse et de la communication en Algérie. De l’aventure intellectuelle à la mésaventure économique » de Belkacem Ahcène-Djaballah ou encore l’étude « La publicité et la télévision publique. Quels enjeux ? Le cas de l’EPTV », proposé par Nor El Houda Bouzegaou. La revue, tout en rappelant que «les flux médiatiques n’étant jamais à sens unique », cherche également à comprendre l’évolution des publics auxquels s’adresse l’information. Mais aussi la perception d’eux-mêmes et de leur rôle que peuvent avoir les journalistes dans un contexte de crise. Deux approches qui apparaissent clairement dans les textes intitulés «Les Médias, l’individu et les mouvements de protestation en Algérie depuis 2011», de Fatma Kebour, et «De la liberté d’expression à la Radio algérienne : aux origines de la révolte des journalistes radio durant le Hirak», de Hakim Hamzaoui. Quant à la démarche rédactionnelle, dont «le travail de préparation et d’édition (…) a commencé il y a un peu plus d’un an», il est souligné dans la présentation de ce 37e numéro de la revue, qu’étant donné  qu’elle s’est déroulée dans le contexte « changeant que l’on connaît, les contributeurs ayant de ce fait été invités à actualiser régulièrement leurs travaux »,  explique-t-on. En précisant qu’ «en cours de route, nous avons tenu à ce que les auteurs fassent de leur contribution une mise à jour à la lumière des développements récents sur la scène politique de ces derniers mois ». Une  technique de travail qui propose aux lecteurs les clefs permutants d’appréhender les nouveaux et prochains développements de la scène médiatique algérienne.