« Je voudrais dire aux Algériens qu’ils ont raison de demander avec insistance la reconnaissance des crimes et de toutes les abominations coloniales, ainsi que celles de la guerre d’Algérie, mais qu’ils ne feront pas l’économie d’une exigence vis-à-vis d’eux-mêmes qui soit au même niveau que leur exigence vis-à-vis des Français. Le chemin est encore très long ; il faut l’envisager avec fermeté et courage.
Je voudrais dire aux Français que regarder l’histoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie en face, déconstruire les idées reçues, s’éloigner des mensonges et d’un déni qui n’ont que trop duré, permettrait à la France de sortir plus forte et plus soudée.
Je voudrais enfin dire que les très forts liens entre les deux peuples méritent un regard plus apaisé vers l’avenir qui passe par l’économie, l’innovation, la culture, l’éducation…
Nous sommes des millions, en France et en Algérie, à vouloir construire un avenir prospère et commun entre ces deux pays qui sont les nôtres, car nous savons très bien qu’en dehors de cette riche et belle perspective, il ne nous resterait que le chaos. ».
Au moment où les «relations passionnelles» entre l’Algérie et la France traversent une nouvelle zone de turbulence, l’auteur recadre le débat en convoquant sereinement l’histoire, loin des surenchères politiques imposées, de par et d’autre, par les extrêmes.
Sous le pseudonyme de Mouloud AMEZIANE, ce chercheur en sociologie «élevé» dans les valeurs de la République, reste, en même temps, attaché à sa Kabylie où il naquit en 1970. Dans la lignée de Jean AMROUCHE, il tente de construire des ponts d’avenir entre les peuples et les cultures malgré un passé commun tourmenté, là ou d’autres – nostalgiques de l’Algérie française et combattants de la 25e heure – s’échinent à ériger des murs de haine.Parution aux