Le parti «Talaie El Hourriyet» de Ali Benflis décidera aujourd’hui de prendre part ou non aux prochaines élections législatives. Son comité central se tient aujourd’hui à la mutuelle des travailleurs à Zéralda pour trancher sur cette question. Sauf surprise de dernière minute, la nouvelle formation politique de Benflis boycottera cette joute électorale. C’est ce qu’atteste une étude du secrétariat national du parti sur le contexte politique, juridique et institutionnel des élections législatives et dont la rédaction de Reporters détient une copie.
Cette étude ou rapport sera présentée aujourd’hui à la 3e session du comité central comme document cadre du débat soumis à la décision finale du comité central dont l’examen, pensent des observateurs, risque d’être une simple formalité pour plébisciter l’option de refus d’aller aux législatives, dominante au sein de la direction de ce parti. Nombre de cadres, dont le président Ali Benflis, penchent en effet vers le «boycott actif», mais préfèrent passer pas l’instance délibérative suprême, à savoir le comité central. Le débat interne au sein du parti sur les législatives a commencé depuis un moment à travers la base dans les wilayas. Selon nos sources, seules quelques petites résistances à l’option du boycott se sont manifestées. Par ailleurs, comme l’a mentionné Reporters dans un article précédent, les ambitions des cadres locaux seront satisfaites par une participation aux élections locales dans quelques mois.

La peur d’un «résultat politiquement humiliant»

Si le parti de Benflis reste fidèle à ses thèses quant au «manque de légitimité des institutions », «la non crédibilité et la non transparence du processus électoral», qui s’est efforcé de démontrer dans cette étude, il n’en demeure pas moins qu’un des éléments que propose l’étude sur les membres du comité central d’aborder lors des débats d’aujourd’hui est «la possibilité des résultats politiquement humiliants pour le parti». Il s’agit de «l’impératif de préserver le Parti de l’octroi, par la manipulation frauduleuse du scrutin, d’un score politiquement humiliant, qui ne correspond pas à son poids sur la scène politique », écrivent les rédacteurs du document qui estiment qu’un tel scénario « serait préjudiciable à l’image de notre parti et démobiliserait ses militants». Ce point figure parmi les éléments essentiels à prendre en considération lors de la prise de la décision par le comité central aujourd’hui. Le parti argue ce «possible échec» par la «politique des quotas», et «l’absence de transparence du processus électoral», qu’il considère «frappé par la machine de la fraude» avant l’heure. Cependant, le document ne met pas en avant le poids réel du parti, son enracinement et ses capacités de mobilisation du corps électoral, dans un supposé «scrutin libre et honnête» comme il le conçoit. D’ailleurs, lors de son argumentaire qui pousse, sans le mentionner, les membres du comité central à opter pour le boycott, il souligne «l’ampleur de l’abstention aux législatives et le peu d’importance et de crédibilité que les citoyens accordent à ces élections», sans pour autant expliquer comment mobiliser cette «majorité silencieuse», ou la faire adhérer à «l’agenda du parti», puisque l’étude ajoute ; «l’importance pour notre Parti d’avoir son propre agenda politique plutôt que de contribuer à la réalisation de l’agenda du pouvoir qui vise à se pérenniser», comme un autre élément des débats qui s’ouvrent cette matinée. En même temps, le document ne dévoile aucun agenda concret du parti. Les termes du débat imposés par le document sont clairement orientés vers le boycott des législatives. Pour preuve, les rédacteurs du document, qui devaient mettre sur la table les deux options chacune avec son argumentaire, ne l’ont pas fait ainsi. A la fin du texte, il est mentionné «Le choix devra, dès lors, tenir compte du rapport bénéfices/coût politique pour notre parti», mais à la surprise générale, il ne détaille pas la stratégie à opter en cas de participation contrairement à l’option du boycott.
Ainsi, écrivent-ils, «en cas de non participation, notre parti aura l’obligation d’éviter l’isolement durant les semaines de la campagne électorale», tout en donnant les pistes pour des éventuels actions du «boycott actif». Quant à l’option de la participation, point de proposition dans le document…