Les personnels du secteur de la santé, médecins, paramédicaux, biologistes, urgentistes, ambulanciers et autres sont en première ligne dans le combat contre le Covid-19. Ces « soldats » en guerre contre la pandémie travaillent dans les conditions les plus éprouvantes et sauvent des vies tous les jours au péril de la leur. Samedi, trois médecins sont venus allonger la liste de leurs confrères décédés après avoir été contaminés au Covid-19, alors qu’on compte dans le monde plus de 22.000 agents médicaux infectés.

Les personnels du secteur de la santé, médecins, paramédicaux, biologistes, urgentistes, ambulanciers et autres sont en première ligne dans le combat contre le microscopique coronavirus (Covid-19). Ces soldats en blouses blanches sont fortement exposés au risque de contamination. L’Algérie déplore plusieurs pertes de vie parmi ces personnels qui ont assumé leur mission avec abnégation, malgré le manque de moyens en termes de matériel de protection, notamment. Avant-hier, trois médecins sont venus allonger la liste de leurs confrères qui ont subi le même sort après avoir été contaminés au Covid-19. C’est le président de la Société algérienne de médecine générale (SAMG), Abdelkader Tafat, qui l’a annoncé.
«Trois médecins viennent de rendre l’âme suite à leur contamination au coronavirus. Il s’agit du Dr Salim Latreche exerçant à l’Etablissement public hospitalier (EPH) de Kherrata dans la wilaya de Béjaia, du Dr Karim Hamoudi exerçant dans au niveau de l’Etablissement public de santé de proximité (EPSP) de Bouzaréah dans la wilaya d’Alger, et du Dr Ahmed Ellouah, biologiste», a indiqué le président de la SMAG sur sa page facebook samedi.
Le même jour, la sonnette d’alarme est tirée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a mis en avant la vulnérabilité de ce corps de la santé à travers de nombreux pays de la planète, et appelé à leur protection maximum par l’amélioration de leurs conditions de travail, en notant que le Covid-19 a touché plus de 22.000 professionnels de santé. «Selon un rapport de situation quotidien, 22.073 cas de Covid-19 parmi le personnel médical ont été signalés à l’OMS en date du 8 avril. Ce chiffre est probablement sous-évalué car il n’y a jusqu’à présent aucune notification systématique des infections parmi cette catégorie de personnes à l’OMS», est-il précisé dans le rapport. «Les résultats préliminaires suggèrent que les professionnels de santé sont contaminés à la fois sur leur lieu de travail et dans leur communauté, en particulier par des membres de leur famille infectés». En plus des médecins décédés, le Syndicat national des pharmaciens d’officine a annoncé un premier décès dans sa corporation, un pharmacien exerçant dans la wilaya de Mostaganem qui, lui aussi, avait été contaminé au coronavirus. L’ensemble des personnels du secteur de la santé avait, dès le début de la propagation de la pandémie, demandé à la tutelle de leur assurer les moyens de protection qui étaient alors une denrée rare, avant que les importations ne parviennent pour tenter, dans la mesure du possible, de satisfaire ces besoins qui se révèlent être d’une importance capitale dans le contexte actuel.
Si on parlait d’une dizaine de morts parmi les personnels de santé il y a à peine quelques jours – les premiers décès étaient le Pr Si Ahmed El Mahdi, chef de service chirurgie à l’hôpital Frantz-Fanon de Blida, et un ambulancier dans la même wilaya – la famille du corps médical s’est vue endeuillée par la perte de plusieurs autres depuis. C’est ce qui explique que bon nombre expriment leur peur d’être contaminés et de contaminer leurs proches et, dans le même temps, d’autres parmi leurs collègues les encouragent plutôt à poursuivre leur noble mission. Dans la wilaya de Béjaïa, par exemple, la population de Kherrata a salué, hier, le personnel de santé de l’hôpital de la ville au lendemain du décès du Dr Latrèche du coronavirus Covid-19 en guise d’encouragement à poursuivre leur tâche. L’EPH de la ville a également perdu un agent de sécurité ces derniers jours des suites de Covid-19. C’est dire que l’heure est grave pour toutes les personnes qui sont au quotidien face au risque d’être contaminé et d’y laisser la vie.
Il faut savoir que le nombre de personnes testées positives au Covid-19 sont nombreuses parmi le personnel médical, et ce, même s’il n’y pas encore eu de dépistage massif parmi cette corporation. Rappelons, dans ce cadre, que le personnel du CHU d’Annaba a totalement été isolé au sein même de l’infrastructure hospitalière après le signalement d’un premier cas de Covid-19 parmi la corporation.
Pour protéger les agents médicaux qui se trouvent en première ligne, l’OMS a souligné, dans son rapport, «l’importance d’une utilisation correcte des équipements de protection individuelle tels que les masques, les lunettes, les gants et les blouses». Notant «le risque d’épuisement professionnel chez les prestataires de soins», l’OMS a appelé «au respect de leur droit à des conditions de travail décentes». Dans ce cadre, le Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) demande «l’inclusion de cette maladie Covid-19 sur la liste des maladies ou des dangers professionnels des travailleurs du secteur, ainsi que l’état de fatigue psychologique et nerveux ‘’burn out syndrom’’ comme maladie liée aux professions difficiles et dangereuses des professionnels de la santé».
Outre le fait que les professionnels de santé ont, depuis le début, alerté sur leurs conditions de travail, notamment le manque de matériel de protection qui les expose fortement au virus, le président du SNPSP, Dr Lyes Merabet, affirme qu’il y a également d’autres problèmes auxquels ils font face. «Parmi ces personnels, il y en a qui ne peuvent pas rentrer chez eux par peur de contaminer leurs proches. Il faut que ce problème d’hébergement soit réglé en les logeant dans des hôtels par exemple. Il y a aussi un problème de restauration, notamment pour ceux qui font des gardes. Ils ne trouvent pas où manger, sachant que tous les commerces de ce genre sont fermés», a-t-il affirmé.
Il est avéré aujourd’hui que la promiscuité de ces soldats en blouses blanches avec le nouveau coronavirus, une promiscuité que leur impose l’exercice de leur fonction, les rend plus exposés au risque de contamination. C’est vraisemblablement la raison pour laquelle la tutelle pourrait aller vers le dépistage de l’ensemble de ses personnels qui sont en première ligne dans le cadre du combat contre le mortel Covid-19.<