Par Nadir Kadi
Visiblement divisé sur la question de la participation aux prochaines élections locales anticipées, le Parti des Travailleurs (PT), par la voie de son secrétariat du bureau politique, a exprimé lundi une position que l’on pourrait qualifier de «médiane». Le parti, qui estime en substance que l’organisation du scrutin n’est pas une «priorité», mais reconnaît toutefois «l’importance des Assemblées locales», précise qu’il laisse la liberté d’action à ses militants : «Le Comité central a dégagé une démarche exceptionnelle qui consiste à laisser aux militants la liberté d’exercer leur libre arbitre à l’égard du prochain scrutin.» Une décision inédite qui s’appuierait notamment sur les résultats des discussions internes actées par «des comptes-rendus émanant des bureaux de wilaya». Les positions qui se sont exprimées «en faveur de la participation comme celles pour la non-participation sont toutes les deux légitimes et fondées», ajoute le communiqué du PT.
Secrétariat du bureau politique qui annonce toutefois que le BP «se réunira le 1er octobre prochain et appréciera le bilan de la campagne politique en cours». L’état d’esprit général qui se dégage du communiqué du PT reste pour le moment largement hostile à la tenue du scrutin anticipé du 27 novembre. Ainsi, dans la continuité des positions avancées lors de son «boycott» des législatives, le parti estime que «les priorités» restent d’ordre économique et social : «Personne ne comprend pourquoi des élections anticipées car les priorités pour la quasi-totalité des citoyens excédés, est le rouleau compresseur de la flambée des prix et l’absence de toute intervention sérieuse des autorités pour juguler la spéculation…» Le PT exprime également des doutes quant à l‘organisation et la probité du scrutin, constatant ici «l’explosion de la pollution et la corruption politique établie consacrant une ‘mafiotisation’ sans précédent du processus électoral en cours».
Quant aux «priorités» mises en avant par le communiqué du PT, elles se basent sur un constat sans appel de la situation et de la gestion du pays. Ainsi il est «établi » pour le PT que «le pays est en cours de délabrement accéléré» ; le secrétariat du bureau politique en tient notamment pour preuve, «la flambée démentielle des prix de tous les produits de large consommation (…) l’aggravation du chômage induit par les impacts du confinement aveugle sur les entreprises économiques et les services» ou encore «la poursuite de la politique de non-emploi dans la Fonction publique…». Et le même constat alarmant est exprimé concernant la situation politique du pays, le PT estimant que «plus de 300 détenus politiques et d’opinion» sont en «détention provisoire abusive et donc arbitraire».