PAR NAZIM B.
Le Parti des travailleurs (PT) a exprimé son « indignation » en apprenant la décision judiciaire portant sur la suspension des activités politiques du Parti socialiste des travailleurs (PST) tout en appelant à un « rétablissement » de toutes les conditions de l’exercice politique.
« Le Parti des travailleurs a appris avec stupéfaction que le PST a reçu la notification de la décision judiciaire portant suspension de ses activités et la fermeture de ses locaux », a indiqué le parti de Louisa Hanoune dans un communiqué. Exprimant sa « plus grande inquiétude », le PT a considéré que « cette décision qui vient confirmer la régression très grave sur le terrain des libertés démocratiques est un développement qualitatif sans précédent qui consacre une violation brutale d’un des acquis démocratiques arrachés au prix du sacrifice de plus de 500 jeunes en octobre 1988 ».
Cette décision est d’autant « plus grave qu’elle intervient dans une conjoncture nationale et mondiale de plus en plus dangereuse et qui pose comme jamais la nécessité que soient rétablies toutes les conditions du libre exercice de la politique pour l’impulsion d’un débat large et sans conditions afin que soient dégagés les moyens et mesures politiques économiques et sociaux à même de sortir notre pays de l’impasse et par là même de préserver la nation des dangers », a ajouté le PT.
Se déclarant « inconditionnellement attaché au multipartisme et plus généralement à la liberté d’organisation », le PT « assure la direction et les militants du PST de sa solidarité effective ». A rappeler que le Conseil d’Etat avait décidé, au mois de janvier, de « la «suspension temporaire » des activités du PST et la fermeture de ses locaux.
Le PST avait réagi alors en pointant «un grave précédent contre le multipartisme» qui intervient dans «un contexte de durcissement de la répression», indiquant qu’une délégation du parti se rendra, dès la confirmation écrite de la décision du Conseil de l’Etat, au ministère de l’Intérieur afin de «s’informer» sur les procédures à entreprendre pour «la levée de cette injuste suspension».
Pour le PST, il s’agit d’un «grave précédent contre le multipartisme et d’une atteinte supplémentaire intolérable aux libertés démocratiques dans notre pays», rappelant que «cette décision a été rendue suite à la plainte introduite le 26 avril 2021 par le ministre de l’Intérieur». Le PST avait relevé que «prétextant le retard pris dans l’organisation de notre congrès, cette action judiciaire abusive est intervenue avant l’expiration du délai de 15 jours, fixé par la mise en demeure qui nous a été adressée, d’une part et, d’autre part, au lendemain de la tenue, justement, de notre congrès et la transmission des documents y afférents au ministre de l’Intérieur par le biais d’un huissier de justice».