Par Sadek A.
Le Parti socialiste des travailleurs (PST) a organisé, hier, une conférence de presse durant laquelle il a été question notamment des résultats du congrès extraordinaire convoqué samedi et d’interpeller l’opinion publique nationale sur ce que le secrétaire général réélu, Mahmoud Rachedi, a qualifié de «pressions administratives» au lendemain de l’injonction du ministère de l’Intérieur sommant plusieurs partis politiques de «se conformer à la loi».
Le secrétaire national a commencé son intervention en exposant sa position de non-participation aux prochaines élections législatives. «Nous pensons que les élections ne peuvent pas changer les choses et nous aspirons à construire un rapport de force politique dans la société. Seul le rapport de force construit peut faire changer les choses, parce que les élections sont toujours dans le cadre des lois établies et selon les règles de l’administration en exercice», a-t-il soutenu.
Dans la foulée, Mahmoud Rachedi dénonce ce qu’il décrit comme «des pratiques répressives» et souligne que, selon son parti, «le régime souffre d’une crise de légitimité populaire depuis un long moment, peut-être depuis l’Indépendance». Il a abordé ensuite les résultats des politique libérales suivies par les gouvernements successifs depuis plus de 30 ans et invoque la possibilité «d’une explosion sociale dont on voit déjà les prémices». Le conférencier a également reproché aux autorités «la destruction de l’économie nationale administrée au profit de l’oligarchie». Déclarant : «Sous injonction du FMI, il y a eu une destruction du tissu économique industriel au profit d’une oligarchie, dont la plupart des grands représentants sont aujourd’hui incarcérés pour dilapidation de l’argent public…»
Le porte-parole du PST présente longuement son analyse de la crise, qu’il conclut en décrivant comme «une crise d’hégémonie et une crise d’institution», estimant que «c’est un processus révolutionnaire». Pour lui, le Hirak représente «un soulèvement du peuple contre l’autoritarisme ressenti à travers le projet du cinquième mandat pour l’ancien Président, mais pas seulement, c’est aussi un refus des orientations économiques, de la corruption et de la crise sociale que les Algériens vivent». Il a ajouté que la crise de légitimité due à la carence de participation à l’élection présidentielle et au référendum constitutionnel risque de se poursuivre.
Pour Mahmoud Rachedi, la solution ne peut pas être dans les élections législatives, surtout qu’en même temps il y a un resserrement des libertés et une attaque frontale contre la société civile et les partis politiques, dont le nôtre, qui subit des pressions de l’administration». Le PST «maintient et reconduit sa revendication et son appel à l’élection d’une assemblée constituante souveraine, élue de manière démocratique et transparente, et la levée des restrictions sur les libertés démocratiques, d’expression, d’organisation syndicale, en plus de l’ouverture des médias à toutes les expressions politiques, selon le porte-parole du PST. «L’assemblée constituante est la solution», plaide le conférencier.