Au lendemain des déclarations du Premier ministre, la secrétaire générale du PT n’a pas attendu longtemps pour réagir. Tout en soutenant le président de la République, Mme Hanoune n’a pas « raté », en revanche, le patron du RND, Ahmed Ouyahia.

En effet, Louisa Hanoune, qui s’exprimait, hier, à l’ouverture d’une réunion du bureau politique de son parti, s’est attaquée au secrétaire général du RND qui préconise la privatisation d’un certain nombre d’entreprises publiques «dont la situation financière se détériore en raison des problèmes liés au plan de charges et à leur gestion». D’emblée, elle a considéré que la dernière tripartite était en totale contradiction avec l’orientation du président de la République, considérant que « ce modèle partenariat public-privé n’est qu’un instrument pour le pillage du secteur public ». Elle ne manque pas de donner sa version du PPP, qui, à ses yeux, n’est pas partenariat public-privé, mais « privatisation, pillage et prédation ». Pour elle, « le combat politique continue pour préserver notre pays des prédateurs en tout genre», tout en appelant au retrait des projets de loi « régressifs ». Elle a estimé estimé qu’en subordonnant à son accord préalable tout accord d’ouverture de capital d’entreprises publiques économiques dans le cadre du partenariat public-privé, le président Bouteflika « a empêché la liquidation du secteur public ».

Par cette décision, le chef de l’Etat a montré
qu’ « il est possible de corriger l’orientation économique », a ajouté la première responsable du PT.
Selon elle, « la véritable solution à la situation actuelle passe par l’abrogation ou le retrait de la Charte sur le Partenariat sociétaire public-privé qui cible même les hôpitaux et les structures publiques » et « l’abrogation de la loi sur l’investissement » et « des articles antipatriotiques » prévus dans la Loi de finances 2018.
Elle a, en outre, signalé que certaines lois, comme la loi 01-04 sur la privatisation, la loi domaniale de 2008 et le code des marchés (dispositions se rapportant à la corruption) doivent être revues, voire gelées. « A l’heure des corrections, il faut revoir les lois, y compris dans la justice », a-t-elle indiqué. Selon elle, le gouvernement réagit en fonction des fluctuations des prix du pétrole en décidant de relancer le processus de privatisation des entreprises chaque fois que le prix du baril chute sur le marché international. «L’expérience a montré que des entreprises nationales ont été bradées au dinar symbolique sans pour autant apporter de valeur ajoutée à l’économie nationale», a-t-elle rappelé en guise d’argument. Elle a cité dans ce sens l’exemple du complexe sidérurgique d’El-Hadjar qui fait perdre au Trésor public des milliards sans pour autant apporter des résultats probants. L’Algérie a besoin d’une politique économique « cohérente qui serve les intérêts de la nation », a soutenu la SG du PT. Un autre sujet sur lequel Mme Hanoune a rebondi, quoique tardivement, les excuses officielles présentées par Ahmed Ouyahia à l’ambassadeur de l’Arabie Saoudite à Alger suite à l’affaire du tifo hostile au roi saoudien. Louisa Hanoune dira que le peuple algérien n’a mandaté personne pour demander des excuses. Et d’affirmer qu’on n’est pas contre le fait qu’ils « nous traitent de bandits quand il s’agit de défendre la Palestine et les causes justes à travers le monde».

Yennayer… une avancée historique
Abordant Yennayer, la secrétaire générale du PT s’est réjoui de la décision du président Bouteflika de consacrer Yennayer premier jour de l’an berbère chômé payé, le félicitant pour la promotion de la langue et de la culture amazigh et sa généralisation dans l’enseignement. D’où l’accueil avec grand enthousiasme de ces décisions par la patronne du PT qui les qualifie « d’avancée historique » et de « victoire pour la démocratie ». Mme Hanoune a félicité non seulement le peuple algérien « pour cet acquis », mais aussi les étudiants ayant mené les manifestations pacifiques en Kabylie et à Batna. « Je tiens à saluer particulièrement les étudiants qui ont mené, en Kabylie et dans la région des Aurès, des manifestations pacifiques et non anarchiques comme qualifiées, à tort, par Ouyahia ».
Abordant les mouvements de grève et de protestation, Mme Hanoune a appelé le président de la République à prendre en considération les problèmes dans les différents secteurs en trouvant des solutions à même de satisfaire toutes les parties.