Le Parti des travailleurs (PT) n’est pas resté insensible aux réactions du FLN et du RND, notamment, à son initiative politique, lancée le 14 février écoulé. Ainsi, la position « hostile » de ces deux partis du pouvoir a fait sortir le PT de sa réserve.

Dans un communiqué de son secrétariat du bureau politique, le parti de Louisa Hanoune a estimé que « leurs réactions s’inscrivent dans l’ordre des choses, car ce sont leurs intérêts et ceux d’une minorité de nouveaux très riches, que leur garantit l’actuel système politique et économique, qu’ils défendent et tentent de maintenir à tout prix ». Le PT a ajouté, dans ce sens, qu’ils sont « l’incarnation du système de parti unique. Ces responsables et leurs partis ne refusent pas seulement toute idée de changement, pire encore, ils semblent nous dénier tout droit, ce qui est notre rôle et notre responsabilité en tant que parti politique, de faire des propositions de sortie de crise ». Le communiqué du PT ne s’est pas résumé à une réponse au FLN et au RND, mais a tenu à rappeler les grandes lignes de son initiative, en soulignant que « la lettre adressée au chef de l’Etat est un moyen d’organisation du débat le plus large avec toutes les composantes du peuple algérien sur l’élection d’une assemblée nationale Constituante à travers laquelle les représentants du peuple, élus librement et démocratiquement, dégageront les moyens juridiques et institutionnels à mêmes d’ouvrir une issue positive à la crise politique actuelle et jetteront les bases d’un véritable renouveau politique institutionnel dans le pays». Le document a souligné qu’« une telle assemblée opèrera la rupture avec le système de parti unique qui mène le pays vers le chaos, elle préservera et consolidera les acquis de l’indépendance tels le droit à l’école, à la santé, au travail… et tous les acquis qui ont été inscrits dans le processus de parachèvement de la souveraineté nationale (…)». Le PT accusera, par ailleurs, en soulignant que « le statu quo n’a fait qu’engendrer et nourrir la défiance de la majorité à l’égard des élections et du système produisant un personnel politique et des institutions non crédibles, gangrénés par l’argent sale, et qui permettent à la minorité prédatrice de piller les richesses du pays ». Le parti a mis en avant « les politiques économiques et sociales d’austérité ainsi que le démantèlement des bases matérielles sur lesquelles repose l’Etat social» que «ce personnel met en œuvre, exacerbant la grave crise que vit le pays, et mettant en péril l’existence même de la nation ».

 

Appel au Président de la République
Fondamentalement, enchaîne le parti de Louisa Hanoune, « ce sont ces politiques d’austérité, de gel de projets… ainsi que l’augmentation tous azimuts des prix qui ont engendré les mouvements de protestation et de grève que connaissent notamment les secteurs de l’Education nationale, l’Enseignement supérieur, la Santé et le secteur économique ». Ces mouvements sont provoqués, analyse le PT, par « le refus de satisfaire les revendications et d’ouvrir de véritables négociations, qui vont de pair avec la répression, la judiciarisation et les menaces sur les libertés syndicales poussant la situation au pourrissement ». Sur un autre volet, le PT s’en est pris au ministre de l’Energie, considérant ses déclarations du 24 février « comme une provocation à l’égard des travailleurs et du peuple algérien en général ». « Les responsables de ce ministère, et cette fois-ci son premier responsable, n’ont cessé de revenir à la charge pour nous annoncer leur volonté publique et manifeste d’amender la loi sur les hydrocarbures dans l’objectif de rendre ce secteur plus attractif aux multinationales, c’est-à-dire sans contraintes et sans limites à leur pillage », accuse le PT. Estimant que « cela démontre, même si à chaque fois ces déclarations ont été démenties ou atténuées, que le gouvernement a plus que des intentions dans ce sens, il aurait même un projet ». Le parti s’est interrogé, d’autre part, s’il y a une volonté de remettre sur la table le projet de Chakib Khelil de 2001, qui prévoyait la cession jusqu’à 70% du capital de Sonatrach pour les compagnies étrangères. Avant de préciser qu’il réitère son appel au Président de la République pour intervenir en toute urgence pour arrêter ces dérives, en donnant la parole au peuple seul capable d’organiser le sauvetage de notre pays.