Le Parti des Travailleurs (PT) a réagi aux révélations de l’ancien parlementaire FLN, Baha-Eddine Tliba, sur la collusion de la politique et de l’argent sale au sein de sa formation lors des législatives de 2017. Dans une déclaration publiée sur sa page Facebook, la formation de Louisa Hanoune estime qu’en dépit du caractère scandaleux des divulgations de l’ancien vice-chef de l’Assemblée populaire nationale (APN) sur les «pratiques de corruption qui a toujours sévi dans les partis du pouvoir depuis des années», cela «équivaut à enfoncer des portes ouvertes, car ces dernières années les oligarques et autres maffieux ne cachaient plus leurs activités».
Pour le PT, «les listes, le classement dans les listes électorales se monnayaient à coups de milliards sous le regard et la complicité de responsables à tous les niveaux. Du chef du gouvernement aux chefs de daïra en passant par des ministres et des walis, mais aussi des magistrats…» Et de s’interroger : «Qui peut nier que ce qui a été révélé lors de ce procès n’est qu’une partie émergée de l’Iceberg ? Qui peut croire que la fraude électorale et l’usage de l’agent sale n’ont concerné que les législatives de 2017 ?» «Non et mille fois non !», répond le parti à sa question en affirmant que «le système a de tout temps empêché les Algériennes et les Algériens de choisir librement leurs représentants». «À Alger par exemple, en 2012 lors des législatives, le PT est sorti premier dans l’écrasante majorité des communes. À16H00 pas moins de 16 sièges PT ont été comptabilisés, le lendemain 6 sièges du PT ont été distribués entre les partis du pouvoir. Idem pour les législatives 2017 où le Parti des Travailleurs a été privé de ses sièges dans plusieurs wilayas du pays». Pour la formation de Louisa Hanoune, il n’est pas question de «tirer sur les ambulances» ni d’accabler davantage M. Tliba qu’elle «a combattu au summum de sa «puissance». Mais de se poser des questions sur «les pratiques du système, mais aussi sur le fait que toutes institutions de l’Etat sont gangrenées par la corruption». «Dans cette affaire, faut-il oublier le rôle joué par les magistrats et les walis qui fabriquaient les résultats des différentes élections locales et nationales ?», s’interroge encore ce parti qui déclare qu’«en l’absence d’un changement véritable, de la démocratie, de la justice, de la liberté de presse…, il n’y a aucune chance d’éviter que ce phénomène de décomposition politique, qui s’est installé depuis des décennies, se perpétue».
«La condamnation de quelques personnes ne peut éradiquer des pratiques incrustées bien comme il faut dans les rouages d’un système devenu le danger numéro un pour l’État et donc pour la Nation. Les quelques faits énoncés ici montrent clairement l’impossibilité de toute réforme ou reconstruction démocratique dans le cadre du maintien du système», conclut le parti.