A moins d’une semaine de la tenue des «dernières sessions des instances de direction du parti pour l’année 2021», le Parti des Travailleurs (PT) est revenu hier sur plusieurs «positions» quant à l’évolution des situations socio-économique et politique du pays.

Par Nadir Kadi
Le Parti d’opposition, dirigé par Louisa Hanoun, s’est en ce sens attardé sur l’adoption en novembre dernier, par l’APN, de la loi de finances 2022, estimant que ce texte était porteur de «… remises en cause des acquis socio-économiques et des réalisations de l’indépendance nationale…». Le même regard critique est également porté sur l’état des libertés politiques, le PT dénonce en ce sens «la remise en cause du droit de manifester pacifiquement» qui ouvrirait la voie «à tous les types de dérapage. C’est, de fait, la légalisation de la remise en cause du droit de manifester, de se rassembler et l’étranglement du droit de grève.»
Le Parti de travailleurs voit également avec une certaine inquiétude les «multiples satisfécits» du FMI (Fonds monétaire international) en «direction du gouvernement». Une position de principe pour un mouvement d’extrême gauche, mais qui est ici argumenté en mettent en avant la «concomitance» avec l’adoption de la loi de finances 2022, remettant en question, selon le PT, les acquis «socioéconomiques et des réalisations de l’indépendance nationale». Le résultat, selon le parti, sera ainsi de pousser «la population dans ses derniers retranchements». Et dans cette même logique, le parti de Louisa Hanoun ne semble pas satisfait des conclusions de la récente «conférence nationale sur l’industrie» où le Premier ministre «a annoncé l’accélération et l’accentuation des mêmes politiques qui ont fragilisé le secteur industriel national jusqu’à menacer son existence (…) les mêmes politiques produisent les mêmes effets». Et plus concrètement, le communiqué du PT exprime sa crainte quant à un éventuel «retour aux privatisations/ouvertures du capital des entreprises publiques au profit du privé national et étranger, notamment la généralisation du prétendu partenariat public/privé».
Quant à la gestion des finances, ainsi que des nouvelles règles, conditions et encouragements à l’investissement promus par le gouvernement, le PT dénonce un «élargissement de tous les types d’exonérations fiscales et parafiscales au profit de pseudo investisseurs avec en prime la privatisation des banques publiques». Ce dernier point aura de surcroît un lourd impact sur l’emploi dans le secteur public : les banques publiques «ont contribué au maintien de pans entiers de l’industrie nationale et de l’emploi» et d’éventuelles privatisations signifie pour le PT «la mise à mort du patrimoine industriel du pays, élément constitutif des bases matérielles essentielles de la nation». En ce sens, le PT laisse entendre que la gestion économique actuelle «annonce des lendemains sombres pour le tissu industriel national, déjà mis à rude épreuve par l’ouverture totale du marché national aux produits de l’importation…».
Raison pour laquelle le parti politique «salue» les «luttes légitimes des travailleurs et de leurs syndicats pour la préservation de leurs acquis, l’amélioration de leur pouvoir d’achat et des conditions socioprofessionnelles (…) notamment dans les secteurs névralgiques de l’éducation nationale, de la santé, de la sécurité sociale, de l’emploi …» ou encore des travailleurs de la caisse nationale de l’assurance chômage (CNAC). Le PT a cependant exprimé hier sa crainte quant aux libertés politiques et démocratiques en relevant «avec inquiétude et indignation la poursuite et l’accentuation des arrestations quasi-quotidiennes de militants, activistes», et en appelant à «la libération des détenus politiques et d’opinion et à l’abrogation des lois liberticides et donc au respect des libertés démocratiques». <