PAR NAZIM BRAHIMI
Reconduite à la tête du parti pour un nouveau mandat, la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune a animé, hier, une conférence de presse durant laquelle elle a fait part de sa grande satisfaction du «succès» de ce rendez-vous, qu’elle a considéré comme «une victoire» du multipartisme.
Les travaux de ce 8e congrès, organisé vendredi et samedi dernier à Alger, ont été sanctionnés par l’élection des 75 membres du Comité Central du parti issus de 41 wilayas, lesquels ont voté «à l’unanimité» en plénière en faveur de Louisa Hanoune, candidate à sa propre succession au poste de secrétaire générale.
La cheffe du PT a expliqué, d’emblée, les enjeux de ce rendez-vous organique, relevant qu’il n’a pas été question d’un «congrès de dénonciation», mais plutôt celui de «la résistance et de l’identification des maux» pour réfléchir aux instruments de lutte de nature à «aider la majorité des Algériens» à faire face à «une situation inquiétante».
La conférencière a fait part des «difficultés financières» rencontrées par sa formation politique dans la préparation de ce congrès entamée il y a une année, insistant à dire que «le PT est un parti légaliste», pointant du doigt accusateur les «attaques» qu’a subi le parti en 2019, en 2020 et même en 2015.
Pour ce qui est de l’aspect organisationnel du congrès, Mme Hanoune s’est félicitée d’un congrès «sans faille» avec une «organisation parfaite» qui a vu la participation de 310 délégués venus de 53 wilayas, en sus des débats riches et instructifs qui ont marqué ce rendez-vous.
Retraçant, par ailleurs, le parcours du PT depuis l’avènement du multipartisme, Louisa Hanoune s’est «réjoui», à travers la composante du congrès, de la «transmission générationnelle» qui caractérise la composante du PT qui gagne «en cohésion et en homogénéité».
Dans ses réponses aux questions des journalistes, la secrétaire générale du PT a réitéré son plaidoyer pour des «mesures d’apaisement» notamment la libération des détenus d’opinion.
Louisa Hanoune a plaidé également pour la libération de Khalida Toumi dont le procureur de la République a retenu un requis de 10 ans de prison ferme alors que le verdict est attendu pour le 7 avril prochain.
«Khalida Toumi ne devait jamais être emprisonnée», a soutenu la cheffe du PT, s’indignant du requis du tribunal de Sidi M’hamed, estimant que «son dossier est vide».
Pour elle, cela «traduit une injustice et une hogra» et une attitude «misogyne» de la part de parties qui cultivent «la haine envers les femmes».
Louisa Hanoune a considéré, par la même occasion, que l’Etat qui veut se préserver dans ce contexte crisogène «doit renforcer son immunité», qui passe «par le respect des libertés et l’exercice libre», appelant au «retrait des lois sur les partis politiques et l’exercice syndical».
Sur un autre registre, Louisa Hanoune a critiqué la visite hier du secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, qui «clôt une tournée qu’il a vu séjourner dans les pays qui ont normalisé avec l’entité sioniste».
Le diplomate américain est arrivé en Algérie dans le cadre d’une tournée au Moyen-Orient et au Maghreb.
Louisa Hanoune a mis en garde contre un «chantage américain» qui serait bâti sur un alignement de la position diplomatique algérienne sur celle des USA contre «un renforcement de la coopération économique».
Elle a estimé, s’agissant de la guerre en Ukraine, que «la position de neutralité de l’Algérie correspond aux traditions du pays», ajoutant qu’une telle posture est de nature à nous préserver. <