Par Nadir Kadi
La secrétaire générale du Parti des Travailleurs (PT) Louisa Hanoune a fait savoir, hier lors d’une conférence de presse «exceptionnelle», organisée au siège du parti, que des militants du PT avaient été victimes de «pressions» et de «harcèlements» depuis la convocation du corps électoral pour l’échéance du 12 juin à laquelle le PT «ne participera pas». La responsable, qui précise que «des militants et responsables du PT sont approchés, voire harcelés», ajoute que l’objectif «est de débaucher des militants, cadres et responsables du PT». Accusation particulièrement grave de «pression externe» et qui pourrait se terminer devant la justice contre un «Mouvement de redressement» au sein du Parti des Travailleurs. Les déclarations d’hier laissent également deviner l’existence de dissensions internes suite à la décision, à la «quasi-unanimité», de son comité central de ne pas présenter de listes aux législatives. Et la réponse est peut-être à lire entre les lignes, la responsable, en dénonçant ces tentatives de «corruption politique», fait savoir que certains auteurs des «pressions» seraient d’anciens membres exclus depuis plusieurs années. «Ils ont des moyens énormes, ils font miroiter à de jeunes militants des sièges à l’APN ou lors des prochaines élections locales.»
Première responsable du PT, qui estime par ailleurs que ces tentatives de «corruption politique» organisées contre le PT «font partie de l’attaque contre la pluralité politique (…) C’est une volonté de faire taire les voix qui s’élèvent contre la logique du parti unique». Louisa Hanoune a ainsi accusé, hier, sans toutefois donner aucun nom, d’anciens membres ou militants du PT d’agir contre son parti. Des personnes «avec qui les liens ont été coupés en 2015 et 2016, parce qu’ils ont participé à l’opération de vengeance du pouvoir contre le PT suite à sa position sur la loi sur l’investissement». Ainsi, ces personnes «qui n’ont pas le droit de s’ingérer dans les affaires du PT, ont mené des actions multiples». L’exemple parmi «trois ou quatre cas», donné hier par la secrétaire générale, concernerait une tentative «d’organiser une réunion au niveau d’une salle de l’Hôtel Mazafran (…) Une personne, que nous avons identifiée, a fait une réservation au nom d’un prétendu Mouvement de redressement du Parti des travailleurs (…) C’est un acte criminel. Ils ont même réalisé un cachet rond humide (…) Il est de notre droit d’entamer des poursuites judiciaires». La réunion de ce Mouvement «dissident» «n’aurait pour le moment
pas encore été autorisée», explique Louisa Hanoune. Avant d’ajouter que la date choisie pour leur rencontre serait le samedi 3 avril. «C’est quand même très étrange, le jour même où se tient le conseil national du FFS (…) Il y a beaucoup de coïncidences en politique». Responsable politique qui fait par ailleurs savoir que les auteurs des «pressions» prépareraient déjà des listes électorales en vue des prochaines législatives : «Ils reprochent au parti de ne pas prendre
part à l’élection, alors qu’ils préparent de leur côté des listes indépendantes (…) Ils prétendent également parler au nom de centres politiques qui ne sont pas satisfaits de notre choix.»


Ainsi, pour la secrétaire générale du PT, qui s’étonne de la volonté de ces personnes de faire pression sur des militants actuels du parti, «la question qui se pose est de savoir pourquoi ils tentent un putsch ? Quel intérêt ? D’autant que la loi électorale donne la priorité aux listes indépendantes». Elle estime que l’objectif de l’ensemble de cette «manœuvre politique» serait de renverser «la direction actuelle en vue de changer la nature politique du parti, ses positions (…) Et le transformer en un marchepied pour les opportunistes et les arrivistes».
Louisa Hanoune vise ainsi à «mettre en garde» les militants et sympathisants du PT contre ces manœuvres, mais aussi à «alerter l’opinion publique pour que personne ne dise demain, je n’étais pas au courant». La responsable explique en substance que certains des auteurs de ces «pressions» se présentent «depuis quelques jours» auprès de militants du parti en «prétendant avoir des promesses quant à un quota au sein de l’APN (…) Ils demandent de les aider à réunir des signatures en échange de promesses de postes de députés. C’est de la corruption politique». Et la responsable du PT a par la même occasion démenti hier les informations sorties quelques heures plus tôt sur des sites électroniques : «Je ne sais pas quelles sont ces sources (…) ce mouvement aurait déjà enregistré l’adhésion des cadres dirigeants et forces vives du PT, à croire qu’il ne reste plus que moi au PT (…).»