Le Parti des travailleurs (PT) est revenu, hier, sur la situation du pays d’une façon générale, notamment sur la question des «détenus politiques et d’opinion» et sur les manifestations populaires qui se poursuivent, de même qu’il a réitéré sa vision du processus démocratique à même de permettre l’édification d’une nouvelle République, en plaidant pour «une assemblée constituante».
«Le moyen démocratique à même de concrétiser les aspirations de l’immense majorité du peuple algérien réside dans la mise en place d’une assemblée constituante souveraine, qui actera la naissance de la nouvelle République», estime le secrétariat permanent du bureau politique du parti dans un communiqué diffusé hier.
Mais la nouvelle République telle que vue par le PT ne peut être érigée, selon lui, qu’à travers «une constitution élaborée souverainement à partir des revendications et aspirations politiques, économiques, sociales et culturelles qu’expriment les millions d’Algériennes et d’Algériens depuis onze mois». Le PT explique cela par le fait que «le peuple algérien est en droit de débattre librement de ses choix politiques et notamment de la forme et du contenu des institutions qu’il souhaite mettre en place».
Le secrétariat permanent du PT saisit cette occasion pour revenir sur la détention de sa secrétaire générale, Louisa Hanoune, et appelle à sa libération. Il plaide, ainsi, pour la libération des «détenus politiques et d’opinion», en citant Karim Tabbou, coordinateur de l’UDS, et Abdelwaheb Fersaoui, président du RAJ, estimant que «rien ne peut justifier le maintien des dizaines de détenus» comme eux. Le Parti des travailleurs va plus loin dans son plaidoyer et affirme qu’il «exige l’abandon des poursuites pour les détenus politiques et d’opinion».
«L’ouverture du champ politique, des médias publics et privés, des espaces publics au libre débat citoyen, la libération de tous les détenus politiques et d’opinion, le respect des
libertés démocratiques… sont des conditions sine qua non pour permettre au peuple de décider librement de son sort», écrit encore le PT. La journée de vendredi dernier, qui marquait la «48e semaine consécutive» du mouvement populaire, est également évoquée par le PT qui lui a réservée une bonne partie de son communiqué. Il a noté, à ce propos, que «les Algériennes et les Algériens sont sortis massivement manifester dans les quatre coins du pays», et souligné que «le succès de cette journée de mobilisation démontre, encore une fois, la détermination du peuple à l’exercice plein et entier de sa souveraineté et sa farouche volonté de prendre son destin en main».
La journée de vendredi dernier a été par ailleurs marquée, selon le PT, par «l’interdiction de manifestations dans plusieurs wilayas et des interpellations de dizaines de manifestants dont une quinzaine ont été placés en détention provisoire à Alger et passeront (aujourd’hui, ndlr) devant le Procureur». D’où, le secrétariat permanent du Parti des travailleurs déclare «dénoncer ces arrestations arbitraires et exige leur libération immédiate et inconditionnelle».I. D.