Le gouvernement devrait examiner bientôt un projet de loi de création d’une «commission interministérielle» chargée d’«activer le rôle de l’université dans l’environnement économique».

Ce projet, a indiqué samedi dernier le Directeur général de l’enseignement et de la formation au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, «vise de manière efficace les besoins de l’Etat en matière de développement économique».

Noureddine Ghouali, qui s’exprimait en marge de la session annuelle du Conseil national pour l’évaluation de la recherche, a précisé que le texte soumis à l’examen de l’exécutif est «de faire du doctorant un élément important» devant être pris en charge sur «les plans financier et scientifique», par le «réexamen de son statut et de sa place dans l’environnement économique». Il s’agira de lui fournir aussi un cadre juridique lui assurant «les meilleures conditions» pour ses travaux de recherche.
«Certaines entreprises ont intégré cette opération», a affirmé M. Ghouali, en indiquant que «des thèmes de recherche sur les besoins du marché seront arrêtés», faisant allusion aux grands groupes comme Sonatrach et Sonelgaz ainsi que les entreprises Enie et Eniem pour les plus médiatisées dans ce domaine. Le même responsable a en outre indiqué qu’une «réflexion est engagée pour l’élaboration d’une nouvelle feuille de route 2018 pour la formation et l’enseignement qui a pour objectif la révision des formations selon les besoins de chaque région». En somme, il s’agira d’aller vers un «listing» des filières de recherche capables d’appuyer l’action économique dans le pays et d’orienter les programmes de formation et de recherche des universités dans les régions en fonction de la nature du tissu d’entreprise et d’industrie dont ces régions disposent.
Le président du Conseil national pour l’évaluation de la recherche scientifique, Mostafa Khiati, a, pour sa part, déclaré que «la nouvelle loi qui entrera en vigueur les prochains jours, donnera un nouvel élan à la recherche scientifique au vu de sa relation étroite avec l’environnement socioéconomique». Il a annoncé «une série de mesures qui ont été prises dont notamment l’octroi d’enveloppes budgétaires aux laboratoires de recherche qui devront s’engager à réaliser de bons résultats», ajoutant que «l’évaluation se fera en rapport avec les espaces socioéconomiques».
Le débat sur la nécessité de créer des liens entre le monde de la recherche et l’entreprise n’est pas récent dans notre pays. Il date de près d’une vingtaine d’années. Il a tardé à être concrétisé en raison de plusieurs paramètres souvent discutés comme lors de la dernière rencontre organisée fin novembre dernier à Alger par le Bureau international du travail (BIT) sur le thème «De l’université au monde du travail». On a parlé à cette occasion de «fossé» entre l’université et l’entreprise». On a également parlé de «l’absence d’un cadre juridique», d’où l’initiative du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique d’avoir soumis le projet de texte de loi portant création d’une «commission interministérielle».
Lors de cette rencontre, le directeur général de l’enseignement et de la formation au ministère, Noureddine Ghouali, a insisté sur la nécessité de réviser la carte de la formation. «Nous avons ramené le nombre de formations de 6 000 à 800 permettant ainsi plus de visibilité», avait-il dit. L’évaluation de la recherche scientifique au cours des cinq dernières années «a fait ressortir de nombreux points positifs et quelques faiblesses dans certains domaines comme les langues, les sciences humaines et la médecine, contrairement à la recherche dans le domaine des sciences de la technologie qui a connu une évolution», a-t-il encore indiqué samedi dernier, faisant ressortir un autre écueil, celui du bilan des laboratoires de recherche.
Sur ce point, le directeur général de la recherche scientifique et du développement technologique au ministère de l’Enseignement supérieur, Abdelhafidh Aourag, a fait savoir que «l’Etat a déployé d’énormes efforts pour développer la recherche scientifique en consacrant au secteur un budget de 20 milliards de dinars par an pendant les cinq dernières années». Il a révélé également que 300 laboratoires ont vu leur financement suspendu en raison d’un «bilan négatif». «Le ministère a décidé de suspendre leur financement en raison d’un bilan d’activités négatif au cours de la période 2014-2016», a-t-il ajouté.
M. Aourag a averti que certains de ces laboratoires «risquent la fermeture» et qu’ils ont «deux ans pour améliorer leurs résultats avec leurs propres moyens et sans financement». «La prochaine évaluation se fera selon 120 critères internationaux utilisés dans de grands pays comme les Etats-Unis d’Amérique en vue de mesurer l’apport du programme de recherche au développement technologique et économique».