Il est attendu à ce que la visite de Macron, la première depuis son accession à la magistrature suprême, ouvre de nouvelles perspectives de partenariat dans divers domaines, un partenariat déjà renforcé à la faveur des accords signés récemment à la faveur de la 4e session du Comité mixte économique mixte franco-algérien (COMEFA).

Mais elle reste en deçà des attentes, comme l’avait souligné, à l’occasion de cette réunion, le ministre français de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire. Ce dernier avait en effet affirmé que son pays a perdu des parts de marchés en Algérie (de 24% elles sont passées à 10%). Il a également avancé que 500 entreprises hexagonales sont actuellement présentes en Algérie, assurant plus de 140 000 emplois. Les IDE français hors hydrocarbures y avoisinent les deux milliards d’euros, faisant de la France le premier investisseur étranger hors hydrocarbures dans le pays. Les échanges commerciaux algéro-français tournent autour de 10 milliards d’euros par an. En 2016, les exportations françaises vers notre pays ont atteint un total de 5,1 milliards d’euros, tandis que les importations françaises ont dépassé légèrement les 3 milliards. Pour autant, la France n’est pas en place dans l’échiquier économique en Algérie. Elle se fait devancer par le géant chinois qui s’est imposé comme un solide leader avec près de 20% de part de marché en 2016. C’est à ce bilatéral que le chef d’Etat français va tenter de donner plus de consistance, en se posant en facilitateur de l’interaction entre entreprises algériennes et françaises. Cela est d’autant plus important actuellement où des sociétés hexagonales perdent du terrain notamment dans le secteur des hydrocarbures. Et ce ne sont pas les exemples qui manquent pour l’affirmer. Le groupe français Engie est entré en négociation exclusive, il y a quelques mois, pour la vente de sa participation de 70% dans Exploration & Production International (EPI) du projet Touat-Gaz Algérie. Le groupe a reçu une offre ferme et irrévocable de Neptune Energy pour la vente de sa participation de 70% dans l’entité Exploration & Production International. La transaction envisagée représenterait une valeur totale de 4,7 milliards d’euros (à 100%, incluant 1,1 milliard d’euros de provisions de démantèlement déconsolidées du bilan d’Engie). Neptune Energy est une entreprise basée au Royaume-Uni, soutenue par des fonds conseillés par The Carlyle Group, par CVC Capital Partners et par un fonds souverain dont l’activité consiste à investir dans des activités amont de pétrole et gaz. La transaction proposée devrait se traduire par une réduction de 2,4 milliards d’euros de la dette financière nette consolidée d’Engie lors de la clôture de l’opération (attendue au premier trimestre 2018) hors provisions. Dans le cadre de la transaction envisagée, Engie conserverait une participation de 30% dans le projet gaz de Touat en Algérie, actuellement en phase de développement. Engie reste un acteur majeur du gaz en Algérie via ses activités GNL et son expérience dans le pays est considérée comme clé pour l’aboutissement du projet Touat. Dans le cadre du projet de transaction, Engie sera également fournisseur de prêts aux acheteurs. Le projet Touat Gaz, fruit d’un partenariat entre Sonatrach et ENGIE (anciennement, GDF-SUEZ) cumule des réserves estimées à 69 milliards de m3. La plateforme allait être mise en production en juin dernier. Finalement, elle ne le sera qu’en 2018.

Total : des opportunités encore plus large pour le business
Avant Engie, c’est le Français Technip qui avait rencontré des difficultés financières et occasionné un manque à gagner important à l’Algérie. En juin 2015, Sonatrach a résilié son contrat avec Technip portant sur la rénovation de la raffinerie d’Alger et a lancé une procédure d’arbitrage contre l’entreprise française pour réclamer des pénalités de retard.
De l’optimise cependant du côté de Total avec qui Sonatrach a conclu, fin 2016, un accord de partenariat pour la réalisation d’une étude de faisabilité dans le cadre de la construction d’un complexe pétrochimique géant.
Les deux parties ont convenu de renforcer leur partenariat et dans la chaîne de production des hydrocarbures en Algérie et à l’international. Sonatrach et Total cherchent à exploiter en commun de nouvelles opportunités dans le secteur des hydrocarbures. Toutefois, les deux groupes pétroliers sont restés discrets sur la teneur de cet accord.
L’accord marque clairement le début d’une ère nouvelle en matière de partenariat, après la fameuse requête inopportunément déposée par Total à Genève auprès de la Cour internationale d’arbitrage, une instance qui dépend de la Chambre de commerce internationale. La compagnie Hexagonale contestait la façon dont, au milieu des années 2000, « l’Algérie a rétroactivement modifié à son avantage le partage des profits » (en introduisant la taxe sur les profits exceptionnels, TPE) tirés du pétrole et du gaz. Total a un savoir-faire indéniable cumulant plusieurs années d’expériences dans le secteur de la pétrochimie dans le monde, ce qui en fait un partenaire de choix pour la Sonatrach, dans le cadre de ses projets de pétrochimie.