Par Nadir Kadi
Alors que les liens économiques se renforcent entre l’Italie et l’Algérie, notamment dans le domaine des hydrocarbures, le président de l’Association nationale des exportateurs algériens a laissé entendre, hier, que la nouvelle orientation de partenariat entre les deux pays devait également profiter au volume des investissements directs et à la promotion des exportations hors hydrocarbures.
Le responsable, invité de la Radio nationale Chaîne III, note en ce sens que le contexte de tension actuelle donne une nouvelle importance aux investissements dans les zones bénéficiant de coûts «modérés» de l’énergie. «Il y a actuellement une demande italienne dans le contexte des tensions sur le marché du gaz (…) C’est le moment pour l’Algérie de saisir cette opportunité». Et conclure, en «contrepartie des accords de partenariat avec l’Italie ou d’autres pays», déclare Ali Bey Nasri avant d’ajouter qu’il s’agirait pour ces partenaires de «lancer des investissements, des délocalisations ou des coproductions en Algérie».
Possibilité d’investissement qui bénéficierait notamment au partenariat entre l’Algérie et l’Italie, estime Ali Bey Nasri ; cette proximité s’expliquerait par la nature de l’économie italienne «…basée sur un grand nombre de PME/TPE. C’est une assise industrielle qui peut bénéficier à notre pays». Et les unités de production ainsi créées en Algérie par l’investissement étranger contribueraient à la promotion des exportations hors hydrocarbures. Le président de l’association des exportateurs rappelle en ce sens que ces «exportations restent intimement liées aux investissements de ces dernières années (…) A titre d’exemple, les investissements réalisés à partir de 2010 ont contribué à hauteur de 65% des exportations hors hydrocarbures». Quant au bénéfice pour les investisseurs étrangers, il serait avant tout lié, selon Ali Bey Nasri, au coût de l’énergie relativement réduit en Algérie, le responsable tenant pour preuve le précédent de «l’installation de l’usine Tosyali en Algérie (…) motivée par le coût très bas de l’énergie, les conditions d’investissement favorables mais aussi la proximité avec l’Afrique et l’Amérique latine». Par ailleurs, les entreprises algériennes, à l’image de celles des secteurs «pharmaceutique, céramique ou agroalimentaire», seraient elles aussi bénéficiaires de l’ouverture de nouvelles filières d’exportations : «Il y a un véritable engouement des entreprises pour se tourner vers l’exportation (…) alors qu’elles étaient auparavant tournées vers un marché national qui était rémunérateur».
Réorientation de l’économie algérienne qui devrait toutefois passer par «l‘amélioration du climat des affaires (…) nous sommes à ce titre toujours dans l’attente du nouveau code de l’investissement qui va permettre de faciliter les investissements». Le président de l’Association nationale des exportateurs algériens a également jugé favorable l’option de revenir au projet, déjà ancien, de création de zones franches : «Cette option avait été concrétisée par décret puis une loi (…) mais elle n’a jamais été mise en œuvre. C’est un outil destiné à attirer les investisseurs étrangers dans un espace que l’on pourrait qualifier d’extra territorialité fiscale douanière et monétaire, c’est-à-dire que les investissements qui y seraient réalisés seraient exonérés de toute fiscalité et parafiscalité directe ou indirecte». Cependant, et alors que deux nouvelles lois devraient «prochainement» être soumises au Conseil des ministres en vue de préciser les conditions d’installation et la nature des activités dans les zones franches, Ali Bey Nasri estime que l’Algérie devrait également inclure des conditions «indiscutables» pour que «l’objectif soit de servir les Algériens en termes de formation, d’apprentissage et d’innovation. Il ne s’agirait pas de recevoir des investissements qui n’apportent pas de valeurs ajoutée (…) Par ailleurs, nous devrons fixer les conditions de transferts de dividendes (…) Nous avons le recul historique pour éviter les erreurs (…) Le but est la technologie, les métiers du futur et l’exportation». Quant à la localisation de ces éventuelles zones au «niveau des ports pour réduire les coûts d’exportation», préconise M. Nasri, elles devraient également être accompagnées de «plateforme d’exportation» notamment à In Guezzam pour permettre aux «entreprises algériennes de mettre leurs produits à la disposition des acheteurs africains (…) L’Afrique est demandeuse de tous les produits industriels». <