L’Espagne reste le quatrième partenaire commercial de l’Algérie après la France, la Chine et l’Italie en dépit d’une baisse de ses exportations vers notre pays en 2019. Il demeure le troisième client de l’Algérie eu égard aux importantes ventes de gaz à ce pays.
La visite du Premier ministre espagnol en Algérie sera sans doute axée sur les questions relatives à la migration clandestine et à la sécurité. Mais le volet économique ne sera pas en reste tant les deux pays s’attachent à une consolidation de la relation économique stratégique nouée entre eux depuis plusieurs années. Le forum d’affaires algéro-espagnol, qui s’ouvre aujourd’hui, augure de nouvelles perspectives en matière de partenariat entre entreprises du pays dans un nouveau contexte, l’investiture d’un nouveau Président de la République avec une réorientation de la politique économique du pays vers une plus grande intégration de l’industrie et des leviers de croissance prioritaires, l’agriculture et la pêche, la petite et moyenne entreprise, les start-ups, l’économie de la connaissance, les mines et la valorisation des richesses minérales ainsi que vers une amélioration du climat des affaires avec, en particulier, un nouveau code des investissements et la levée du 51/49.
Comme pour les Etats-Unis, l’enjeu de ce partenariat est d’aller vers une diversification des échanges économiques entre les deux pays. Car les relations bilatérales restent dominées par les hydrocarbures. Il convient de rappeler ici que l’Algérie est le premier fournisseur de l’Espagne en gaz. Reliée par deux gazoducs, le GME via le Maroc et le Medgaz, une liaison directe d’une capacité globale pour les deux pipes de près de 20 milliards de mètres cubes/an, l’Espagne s’attache via l’Algérie à sa sécurité énergétique. L’Algérie, elle, tend à consolider ses ventes de gaz à l’Espagne. Elle est sur le point d’achever les travaux d’accroissement des capacités du Medgaz qui passeront de 8 à 10 milliards de mètres cubes/an en 2021. Mais ces exportations, relevons-le, sont menacées par la concurrence d’autres pays, en particulier par le GNL américain qui se vend sous les 6 dollars le million de BTU alors que celui de l’Algérie est plus élevé. Ce qui contraint Sonatrach, pour consolider ces échanges, à optimiser sa production de
gaz et rendre plus compétitif son gaz par rapport à ses concurrents. La consolidation de cette relation énergétique stratégique passe également par le renforcement de la présence espagnole dans l’amont algérien. L’espagnol Repsol exploite déjà en partenariat avec Sonatrach le gisement de Reggane nord d’une capacité de production de plus de 2 milliards de mètres cubes/an et est en phase finale d’exploration des gisements du sud-est d’Illizi. La promulgation des textes d’application de la nouvelle loi des hydrocarbures pourrait constituer l’amorce d’un regain d’intérêt des entreprises espagnoles pour l’amont algérien. L’autre opportunité de partenariat dans le secteur de l’énergie est sans conteste les énergies renouvelables où l’Espagne figure parmi les leaders en Europe.
La saisie de toutes ces opportunités d’expansion du courant d’affaires va sans doute accroître le volume des échanges commerciaux entre les deux pays qui se sont situés, en 2019, à 6 milliards de dollars, suivant les statistiques douanières. L’Espagne est ainsi le quatrième partenaire commercial de l’Algérie après la France, la Chine et l’Italie. L’Espagne est le troisième client de l’Algérie. Les fournitures algériennes à ce pays, en 2019, s’élèvent à 3,995 milliards de dollars. Ce pays est le quatrième fournisseur de l’Algérie après la Chine, la France et l’Italie avec un volume d’exportations vers notre pays de 2,929 milliards de dollars. Ces ventes à l’Algérie ont connu une baisse de 1% tout comme pour la France en raison des efforts de l’Algérie en matière de réduction des importations.
A noter que comme pour les autres pays européens, les investissements espagnols hors hydrocarbures restent forts modestes. La conjoncture actuelle marquée par le ralentissement de l’activité économique dans les deux pays ne favorise pas une plus grande implication des entreprises espagnoles. Mais en 2021-2022, avec la reprise économique, les opportunités d’investissement vont se présenter dans les secteurs précités. La pêche, l’agriculture, les énergies renouvelables, la construction navale, le BTP, en particulier, peuvent offrir des perspectives de développement du partenariat algéro-espagnol pour peu que le climat des affaires s’améliore et qu’il y ait plus de visibilité en termes d’évolution politique et économique et que le partenariat public-privé dans une version plus efficace puisse être opérationnel.