La «coopération stratégique» algéro-chinoise est partie pour durer et s’améliorer. Les deux parties ont en effet signé le deuxième plan quinquennal de coopération stratégique 2022-2026, a indiqué hier un communiqué du ministère des Affaires étrangères, signant ainsi le renouvellement de l’accord conclu en 2014. La Chine est le premier fournisseur de l’Algérie. Le volume des échanges entre les deux pays est passé de 200 millions de dollars en 2000 à 9,1 milliards de dollars en 2018, faisant ainsi de l’Algérie le cinquième partenaire de la Chine en Afrique.

PAR NAZIM BRAHIMI
Le document a été paraphé par le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, côté algérien, et par Wang Yi, membre du Bureau politique du Parti communiste chinois, conseiller d’Etat et ministre des Affaires étrangères de la République populaire de Chine.
Le prolongement de ce cadre de coopération est de nature à renforcer le partenariat entre Alger et Pékin en boostant le volume des investissements et des échanges, un partenariat qui s’appuie sur des relations politiques algéro-chinoises solides que les derniers bouleversements géostratégiques tendent à renforcer.
Les derniers chiffres du Commerce extérieur de l’Algérie pour le premier semestre 2022 communiqués par les Douanes algériennes montrent que la Chine fait office de deuxième fournisseur de l’Algérie avec 16,5 % juste derrière l’Italie avec 21, 83 %.
Ce plan est «le deuxième du genre à être signé entre les deux pays dans le domaine de la coopération stratégique globale depuis l’établissement des relations de partenariat stratégique global entre l’Algérie et la Chine», a relevé le département des Affaires étrangères. Ce plan vise «la poursuite de l’intensification des contacts et de la coopération entre l’Algérie et la Chine dans tous les domaines, dont l’économie, le commerce, l’énergie, l’agriculture, les sciences et technologies, l’espace, la santé et la culture, outre le renforcement de l’harmonisation des stratégies de développement entre les deux pays», a souligné la même source.
Les deux pays comptent saisir l’opportunité de la mise en œuvre de ce plan quinquennal pour «approfondir leur coopération pratique dans tous les domaines, au service de la consolidation des relations de partenariat stratégique global entre les deux pays et au bénéfice des deux pays et peuple amis», a conclu le communiqué des Affaires étrangères.
La signature du deuxième Plan quinquennal de coopération stratégique globale 2022-2026 intervient, faut-il le souligner, au moment où l’Algérie a fait son premier pas en vue d’accéder aux BRICS, le club des pays émergents où émargent en plus de la Chine, le Brésil, la Russie, l’Inde et l’Afrique du Sud.
Ce projet pourrait, selon toute vraisemblance, reposer sur la qualité et la progression des échanges entre Alger et Pékin, puisque «même le choc pandémique qui a frappé de plein fouet les échanges commerciaux mondiaux n’a pas réussi à enrayer le mouvement haussier des exportations chinoises vers l’Algérie», selon Abderrahmane Mebtoul, professeur des universités, expert international docteur d’Etat en sciences économiques.
Leur part dans la structure globale des importations algériennes est ainsi passée de 17% en 2020 à 18% à l’issue des deux premiers mois de 2021, selon les statistiques douanières algériennes au moment où de 2010 à fin 2020, les exportations de la Chine à destination de l’Algérie ont totalisé environ 76 milliards de dollars.
Ce qui atteste que la Chine demeure «le principal fournisseur de l’Algérie avec une moyenne annuelle depuis 2013 de 8 milliards de dollars d’exportations vers l’Algérie», selon l’économiste.
En ce qui concerne les exportations de l’Algérie vers la Chine, formées essentiellement d’hydrocarbures, elles s’établissent à 14,793 milliards de dollars.
«…l’Algérie ne représente pas un axe majeur, les importations de l’Algérie en 2021 n’ayant représenté que 17% des échanges entre la Chine et l’Afrique du Nord et une goutte d’eau par rapport aux échanges sino-africains, l’Algérie n’ étant pas un pays stratégique pour les importations chinoises de gaz et de pétrole principale ressource d’exportation de l’Algérie comparé à l’Angola ou au Soudan et important surtout massivement de l’Iran et du Qatar proche de l’Asie», fait remarquer M. Mebtoul.
Cependant les projets de partenariat entre les deux parties ne manquent pas. Il y a d’abord celui de la mine de Gara Djebilet dont les réserves sont estimées à 3,5 mds tonnes de fer.
Pour l’exploitation de cette mine de fer, l’entreprise nationale algérienne du fer et de l’acier (Feraal) a signé un protocole d’accord avec un consortium composé de China International Water & Electric Corp, Heyday Solar et la société sidérurgique Metallurgical Corp Of China.
Il y a aussi le projet du port Centre d’El Hamdania, financé en partie par Exim Bank of China, d’une capacité de 25,7 millions de tonnes par an et d’un coût d’investissement prévu au départ à raison de 3,3 millions de dollars avant qu’il ne soit estimé entre 5 et 6 milliards de dollars, en 2021. Les travaux de ce grand projet devaient démarrer en 2021 et une première phase devait être livrée en 2025… <