Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a jugé, hier, que la présence des entreprises sud-coréennes en Algérie était modeste, exception faite des contrats obtenus dans le cadre des soumissions aux marchés publics, alors qu’il y a une absence quasi-totale dans le domaine de l’industrie.

Lors d’un forum d’affaires algéro-sud-coréen, tenu, hier, à Alger, en présence des Premiers ministres des deux pays, Ahmed Ouyahia a appelé les entreprises coréennes à investir en Algérie, «un marché protégé», selon lui, et une «porte sur le marché africain, le marché européen et le Monde arabe avec lesquels nous avons des accords de libre-échange». «Vous êtes dans un pays stable et prometteur», a souligné

Ahmed Ouyahia devant un important parterre de chefs d’entreprise sud-coréens. Il a mis le doigt là où il fallait, car, pendant les années d’or de la commande publique, les entreprises sud-coréennes, à l’instar de centaines d’autres sociétés étrangères, ont raflé plusieurs marchés en Algérie, notamment dans le Btph et les installations industrielles, alors que leur contribution en investissements directs était pour le moins insignifiante. D’où l’appel d’Ahmed Ouyahia à aller au-delà de ce que peut offrir l’Algérie comme marchés publics. Les statistiques disponibles sur la présence sud-coréenne en Algérie le confortent dans son plaidoyer, puisque, à fin 2017, il y avait en Algérie à peine 26 entreprises sud-coréennes répertoriées au Centre national du registre du commerce (CNRC). Pourtant les échanges commerciaux entre les deux pays ont évolué dans le vert ces dix à douze dernières années, passant de un milliard de dollars en 2006 à 2,3 milliards de dollars à fin 2017. La balance est bien évidemment en défaveur de l’Algérie, puisque le pays exporte bon an mal an 600 millions de dollars vers la Corée du Sud et importe pour 1,6 milliard de dollars. L’envolée des échanges entre les deux pays ne s’est pas traduite par le retour sur investissement tant espéré, puisque la valeur des investissements directs sud-coréens en Algérie n’a pas évolué d’un iota. Depuis peu, les grosses cylindrées sud-coréennes commencent à consentir des investissements, certes, petits, mais pour la symbolique, il y a matière à aller de l’avant. LG a investi dans l’assemblage de ses produits électroménagers en Algérie, tandis que Samsung a ouvert depuis peu une unité d’assemblage de smartphones et, bientôt, les deux poids lourds de l’automobile KIA et Hyundai ouvriront leurs unités de montage en Algérie. Pour les Sud-coréens, représentés, hier à Alger, par leur Premier ministre, Lee Nak-Yeon, il s’agit-là d’un pas non des moindres, ils reconnaissent qu’ils étaient concentrés sur des projets relevant de la commande publique et qu’il était temps d’orienter le gouvernail vers l’investissement direct. Il a identifié quelques secteurs susceptibles d’aider à renforcer la coopération entre les deux pays, à savoir l’industrie manufacturière, les TIC, les installations industrielles, thermiques, les raffineries et le traitement des déchets. Une proposition à laquelle le Premier ministre algérien a aussitôt adhéré. «Je partage, au nom du gouvernement, toutes ces propositions», a conclu Ahmed Ouyahia dans un discours qui s’apparente à un réel plaidoyer en faveur de l’investissement direct sud-coréen en Algérie.<