Le projet de loi de finances complémentaire 2018, dont le vote est attendu pour aujourd’hui, n’est pas le seul sujet à faire débat à l’Assemblée populaire nationale ces tout derniers jours. La question de la langue amazighe s’est, elle aussi, invitée une nouvelle fois à l’Hémicycle du boulevard Zighoud-Youcef

par l’entremise du projet de loi portant création de l’Académie amazighe, programmé au vote des députés également aujourd’hui. Une institution d’une importance vitale au vu du statut d’autorité de référence, dont elle fera office dans les questions d’une langue amazighe appelée à intégrer la cartographie scolaire nationale en jouissant, aujourd’hui, de ses pleins droits constitutionnels. Droits qui, théoriquement, mettent cette académie à l’abri de tout clivage idéologique ou confrontations politiciennes en lui conférant un caractère scientifique et en la dotant de la personnalité morale, mais aussi de l’autonomie financière. Et pour garantir à ces dispositions respect et mise en application sur le terrain, l’institution est placée auprès du président de la République qui compte à son actif plusieurs actions concrètes au profit d’une langue longtemps en manque de fondements juridiques qui puissent la porter à la hauteur d’un peuple qui porte l’amazighité dans ses tripes et espérances à travers l’ensemble du territoire algérien. En plus de porter en elle la valeur d’une initiative historique dans l’histoire d’un pays, riche de ses variantes culturelles, une académie du genre est d’ores et déjà appelée à supporter le rôle d’institution décisive pour tamazight, maintenant que cette langue est appelée à prendre place dans les salles de classe et amphithéâtres, tous cycles confondus. Ce qui permettra de couronner un long processus entamé en 2002 par sa consécration langue nationale, avant d’être hissée au rang de langue officielle par la Constitution de 2016. C’est pourquoi les débats autour du projet de loi relatif à la création de l’Académie amazighe auront été aussi porteurs que passionnés, particulièrement lorsque ce sont les acteurs les plus proches

de ce type de dossier, en l’occurrence les linguistes, qui ont émis leurs remarques, préoccupations et orientations plus qu’utiles.