La possibilité d’une dissolution de l’Assemblée populaire nationale (APN) interviendra à l’issue d’une révision constitutionnelle. C’est du moins ce que l’on est tenté de comprendre à travers les propos du Président de la République Abdelmadjid Tebboune. «Pour ce qui est des appels à la dissolution du Parlement et à l’organisation de législatives anticipées avant l’amendement de la Constitution, la logique dans la construction d’une maison voudrait que l’on commence par les fondations», a affirmé M. Tebboune lors de son entretien accordé à Russia Today, avant de préciser que «la Constitution est le fondement de tout Etat et il n’est pas normal de commencer par des élections avant de définir le rôle des élus et la question du contrôle». Plus précis à cet égard, il soutiendra que les «mêmes raisons produisant les mêmes effets, la dissolution du Parlement et l’organisation d’élections législatives conduiront au même résultat, car l’argent sale continue à circuler et le trafic d’influence existe encore». «Une fois réglementés, tous ces aspects juridiques et criminalisées certaines pratiques, nous pourrons aller vers un Parlement dont la majorité des membres seront de jeunes intellectuels ayant suffisamment d’autorité morale pour agir», a-t-il fait observer. A propos de la pertinence de voter une nouvelle Constitution qui posera les jalons d’une Algérie nouvelle, par un ancien Parlement, le Président a expliqué que la démarche décidée obéit à des considérations «pédagogiques afin de tenir informés tout un chacun de la dimension des articles de la Constitution, en soumettant ce texte, pour la première fois, à la rue qui a prouvé sa culture, comme en témoigne le civisme du Hirak populaire dans l’expression des revendications». En ce sens que le président de la République a tranché le timing de la dissolution du Parlement en la programmant à l’issue de la révision de la Constitution. L’Assemblée nationale gardera donc la même configuration, dominée par le couple Front de libération national (FLN), Rassemblement national démocratique (RND) pour l’heure. En d’autres termes, l’alliance parlementaire a encore de beaux jours devant elle puisqu’elle aura non seulement la latitude de voter la nouvelle Constitution mais également les avant-projets de loi que le gouvernement compte élaborer. En tout état de cause, la nouvelle du report de la dissolution du Parlement fait la joie de beaucoup de députés, contactés par nos soins, hier. «Nous sommes soulagés par cette nouvelle», ont expliqué plusieurs députés contactés par nos soins. Toutefois, les présidents de groupes parlementaires tant du FLN que du RND, respectivement Khaled Bouriah et Mohamed Guidji, estiment que «les prérogatives de la dissolution de l’Assemblée nationale sont l’apanage du Président de la République et que nous n’avons aucun problème avec une quelconque décision l’amenant à la dissolution».