Le ministère de la Justice, garde des Sceaux, a demandé la levée de l’immunité parlementaire contre deux sénateurs. Il s’agit de Ali Tabli, sénateur du Rassemblement national démocratique (RND) de la wilaya de Chlef, et Chaib Hamoud, sénateur du tiers présidentiel. C’est du moins ce qui est précisé dans la demande qu’il a introduite, hier, auprès du Conseil de la Nation, au motif que ces deux parlementaires font l’objet d’enquêtes diligentées par le ministère de la Justice pour faits de «corruption» et «trafic d’influence». Le ministère de la Justice explique dans le même ordre d’idées au président du Sénat, auquel il a adressé la demande, son intention d’«éradication de la corruption» d’où l’impératif pour le Parlement de les aider dans leur mission à travers une levée de l’immunité parlementaire aux représentants
du peuple impliqués «dans des affaires louches», nous explique un sénateur. Selon nos sources, le sénateur Talbi est impliqué dans l’affaire dite de la «villa Moretti», citée la semaine dernière par la Cour Suprême et dans laquelle d’ex-ministres sont également impliqués, à l’instar de Mohamed Boughazi et Abdelghani Zaâlane.
Idem pour Chaib qui est également accusé dans des affaires impliquant tout autant des ex-ministres, nous dit-on. Quoi qu’il en soit, le département de Belkacem Zeghmati souhaite faire toute la lumière sur ces affaires et la levée d’immunité parlementaire des deux membres du Conseil de la nation lui permettra d’avancer dans le règlement de ces dossiers. En attendant, la commission juridique du Sénat s’est réunie hier pour fixer une date pour l’examen des dossiers des deux parlementaires. Pour rappel, ce n’est pas la première fois que le ministère de la Justice réclame la levée de l’immunité parlementaire pour traiter un dossier inhérent à la corruption. Elle l’a déjà fait avec trois sénateurs du tiers présidentiel et ex-ministres, en l’occurrence Djamel Ould Abbès, Saïd Barkat et Amar Ghoul. Il est également attendu à ce que la justice exige une levée de l’immunité d’autres parlementaires tant au sein du Sénat qu’à l’Assemblée populaire nationale (APN), toujours en rapport avec des affaires de corruption, nous précise-t-on. Par ailleurs, le Parlement prépare la rentrée parlementaire. Cette dernière, qui aura lieu le 2 septembre prochain, a fait l’objet, hier d’une rencontre du bureau du Sénat sous la présidence de Salah Goudjil, élargie aux présidents des groupes parlementaires. Tout comme il a été question d’une rencontre avec un représentant du gouvernement et ceux des deux chambres du Parlement pour décider de l’ordre du jour de la session.
Toutefois, pour l’heure, aucun ordre du jour de la session parlementaire n’a été défini. Selon un sénateur qui a pris part à la rencontre, une autre réunion avec le représentant du gouvernement est programmée très prochainement pour décider des textes de lois prioritaires pour la nouvelle session.
Quoi qu’il en soit, le gouvernement au même titre que les représentants parlementaires sont décidés à « faire jouer au Parlement un rôle prépondérant dans la préparation de la prochaine élection présidentielle», nous indique-t-on.