Alors que Leonardo a officialisé la fin de l’aventure d’Edinson Cavani à Paris, l’histoire du Matador au PSG reste contrariée. Pourtant, l’Uruguayen restera une légende du Parc des Princes. Une légende contrariée par des egos, des malentendus, des luttes de pouvoir. Mais une légende tout de même.
Il faut espérer que la FIFA arrive à se dépatouiller, à bricoler des prolongations de contrat. Il faut espérer que le futur employeur d’Edinson Cavani soit d’accord. Il faut espérer que celui qui aurait dû sortir sous les ovations d’un Parc en fusion ne quitte pas le PSG par la porte de derrière. Les grands fauves ne passent pas par la chatière. De communion, il n’y en aura sans doute pas, la faute à cette fichue pandémie. Leonardo a officialisé la fin de l’aventure de l’Uruguayen au PSG mais si Cavani pouvait faire ses adieux face à un public, même en petit nombre, et sur un triomphe en Coupe (de France, de la Ligue ou d’Europe), voilà qui rendrait grâce aux services rendus par l’avant-centre parisien. Quoiqu’il arrive, ses adieux n’en seront pas à la hauteur.
De bout en bout, l’histoire aura été contrariée. Par des égos, par des luttes de pouvoir, par des malentendus. Dissipons le dernier d’entre eux : Cavani est une légende du Paris-Saint-Germain. Pourtant, Cavani aura-t-il la place qu’il mérite dans l’histoire du Paris-Saint-Germain ? L’a-t-il au moins eu une seule fois ? Arrivé en 2013 dans la capitale, il doit la trouver dans l’ombre d’un gigantesque Zlatan Ibrahimovic. L’ego du Suédois, son talent aussi, relègue l’Uruguayen sur le côté dans un rôle contre-nature. Il est le grand perdant du 4-3-3 de Laurent Blanc.

L’éternel second, efficace mais un peu maladroit
Cavani ne bronche pas, plante dès qu’il peut, fait le dos rond. Bilan de la première cohabitation : 25 buts en 43 matches. C’est beaucoup moins que Zlatan (41 buts cette saison-là). En avril, le si discret et si bien élevé Cavani finit par lâcher : «Pour un attaquant habitué à conclure les actions, habitué à marquer et qui, aujourd’hui, doit accomplir d’autres tâches, non, ce n’est pas facile, c’est vrai. Avec le temps, ça commence, disons, à être un peu pesant. » C’est dire si sa frustration est grande.
Problème, le lendemain de ses déclarations, dans l’axe en l’absence de Zlatan, il se rate dans les grandes largeurs à Stamford Bridge (2-0), le PSG est éliminé en quart de finale de la Ligue des champions. Premier débat : Cavani est-il vraiment un joueur d’axe ? On commence à moquer ses approximations techniques et on oublie le reste. Son travail invisible, ses replis incessants, son activité débordante. Il faudra encore attendre deux saisons, et le départ d’Ibrahimovic, avant que Paris ne se décide à lui confier les clés de son attaque. Dans l’intervalle, il marque 56 buts, certains capitaux, mais figure toujours comme l’éternel second, efficace certes mais un peu maladroit tout de même.

Sa meilleure saison, celle de la remontada
Cavani n’aura jamais fait l’unanimité. Question de timing aussi. Sa meilleure saison, l’unique où il fut enfin seul aux commandes, celle où il a enquillé 49 buts en 50 matches, celle où il fut élu meilleur joueur de Ligue 1, restera à jamais celle de la remontada et de la perte du titre face à Monaco. Neymar et Kylian Mbappé débarquent à Paris pour restaurer l’honneur du PSG en Europe. Et Cavani doit encore avaler quelques couleuvres. S’il reste dans l’axe, il doit laisser les pénalties à sa majesté Neymar. Peu importe ses états de service à Paris.
Le fond du problème se situe sans doute ici. Ce PSG de paillettes n’a pas toujours su accorder la considération que méritaient ses combattants comme Cavani ou Matuidi. Moins flashy mais pas moins utiles que les stars qui se sont succédé. Et si tout le collectif avait eu la même énergie, la même abnégation et le même sens du sacrifice que Cavani, Paris aurait sans doute pu toucher d’un peu plus près son rêve européen. Son tort : ne pas avoir été un attaquant de son temps où l’individualisme, les dribbles et les statistiques priment sur tout le reste.

Le Parc, lui, ne s’y trompe pas
Il finira tout de même meilleur buteur de l’histoire du club (200 buts, série en cours), sextuple champion de France avec neuf Coupes (au moins) sous le bras. Sa dernière saison est plus pénible, dans l’ombre grandissante de Mauro Icardi, mais Paris a refusé sa dernière volonté : le laisser quitter le navire en janvier pour rejoindre l’Atlético. Il en a profité pour refaire surface une dernière fois notamment lors de la double confrontation face à Dortmund. Comme un pied de nez à ceux qui l’avaient définitivement enterré. Cavani est une légende. Une légende contrariée par un club qui a manqué de reconnaissance à son égard. Au fond peu importe. Parce que le Parc, lui, ne s’y est pas trompé. Chouchou des supporters, il aura sa place aux côtés de Raï et Pedro Miguel Pauleta dans leur cœur. Devant Zlatan Ibrahimovic, Neymar et même Kylian Mbappé.<