En plein canicule estivale, la crise politique semble partie pour durer. L’Algérie paraît s’accommoder du provisoire et de l’incertitude. Le fait de ne pas entrevoir de cap politique ne fait que rajouter à l’angoisse. Organiser l’élection présidentielle ne devrait pas être possible -sauf accélération inattendue des évènements – pour l’automne prochain.
L’instance de Karim Younès semble avoir comme défi d’enclencher un processus qui attirerait a priori, en cours de route, les partis et personnalités récalcitrants au dialogue proposé dans sa forme actuelle. Un pari qui semble particulièrement difficile compte tenu des postures des uns et des autres concernant les aboutissants d’un tel processus. Les divergences sont trop profondes pour espérer un changement de position du jour au lendemain. Il n’y a pour l’heure aucun signe avant-coureur d’un éventuel consensus sur le processus de transition qui ferait traverser au pays cette période d’instabilité politique et institutionnelle inédite. L’activité et les efforts entrepris par l’instance de médiation et du dialogue risquent bien de sonner faux au moment fatidique, celui de passer à la phase cruciale de la mise en place du processus vers l’élection présidentielle.
L’exclusion des partis et appareils ayant fait partie de l’ex-Alliance présidentielle pourrait même ne pas suffire comme gage de crédibilité d’une initiative née dans la difficulté. Les réfractaires au panel préfèrent pour l’heure regarder ailleurs. La rentrée sociale semble attendue par la majorité des acteurs politiques escomptant une impulsion qui pourrait débloquer une situation devenue lassante.
Une espèce de rapport parallèle entre l’offre du pouvoir et le rejet catégorique du mouvement de contestation. Ce qui fait que le discours du panel semble en décalage avec les exigences des partis d’opposition qui réclament un véritable aggiornamento de la situation politique, avant de pouvoir s’asseoir autour d’une table et discuter, sérieusement, de l’avenir du pays.