« Mais ce n’est pas pareil ».  C’est ce que diront certain(e)s dès aujourd’hui quand ils se retrouveront dans une station-service et qu’ils n’auront pas d’autres choix que de mettre le sans plomb dans le réservoir de leur véhicule.  Une nouveauté qui est loin d’être une surprise puisque l’annonce avait été faite il y a plusieurs mois déjà. Le date-butoir était octobre 2021, et voilà qu’elle est appliquée trois mois avant. Vraisemblablement, cela n’aura pas une grande incidence dans le quotidien des conducteurs, même si le sans-plomb est le plus cher des carburants.

Cette opération est présentée par le gouvernement (sortant) comme une étape de la transition énergétique dans laquelle l’Algérie s’est officiellement impliquée. La création d’un département ministériel, en juin 2020,  exclusivement dédié à cette « politique », était un signe « fort » salué par les (toujours très discrets) défenseurs de l’environnement.

Cette généralisation de l’utilisation du carburant sans plomb coïncide quasiment en même temps avec l’installation d’un nouveau Premier ministre. Désigné officiellement hier, le successeur de Abdelaziz Djerad, l’ex-ministre des finances, Aïmen Benabderrahmane, sera attendu, entre autres, sur ce dossier. Son gouvernement n’étant pas encore connu, deux questions se posent déjà : le département de la transition énergétique et des énergies renouvelables sera-t-il une des « victimes » de la probable réduction du nombre de ministères ? Et si ce n’est pas le cas, l’acteur détenteur du portefeuille, en l’occurrence Chemseddine Chitour, restera-il en poste ? Des réponses apporteront (et qui ne devront pas tarder) une idée sur l’un des axes du prochain exécutif.

Reste maintenant à mentionner que tout ce qui concerne la transition énergétique est loin d’être un choix. Mieux encore, il ne s’agit plus d’initiatives à encourager. Ce « stade » est dorénavant dépassé. L’heure, et l’ère, sont à la mutation, et ça touche le monde entier.  La transition énergétique et les énergies renouvelables sont les « paramètres » du présent, et le train est déjà en marche. La politique de la peur du changement qui a toujours prévalu jusqu’ici ne peut pas, et ne doit pas perdurer. Le « je suis comme je suis » répétée à satiété, que ce soit par les gouvernés, ou par les gouvernants, n’a plus sa place dans l’actuel monde en transformation. Place aux défis à relever.