Parcours atypique d’un Algérien qui a misé dans l’humanitaire
À l’heure de la surconsommation et de la représentation toujours plus forte du capital, Badis Diab a choisi des chemins à contrecourant : le partage et la générosité.
À 28 ans, l’Algérien fascine par sa capacité à s’étendre à une vitesse considérable à travers le monde.
À la tête de UNITY, son ONG spécialisée dans plusieurs domaines tels que l’éducation ou la biodiversité, Badis Diab est déjà présent dans plus de 35 pays à travers le monde, et dans tous les continents. En 2021, il affirme qu’il sera présent dans 71 pays et deviendra de fait, l’activiste le plus répandu dans le monde.
Au-delà de son important engagement social, celui que les Africains appelle « Monsieur Badis », est considéré comme l’un des acteurs humanitaire les plus influents de ces dernières années.
Un parcours de vie extraordinaire que Reporters a souhaité comprendre. Immersion.

De Paris, Yannis Ismaïl
Ceux qui parlent de lui disent qu’il est bien plus intelligent que la normale, quant à ceux qui le connaîssent réellement, ils vous diront qu’il est « Monsieur tout le Monde », simplement plus malin et plus ambitieux que le commun des mortels, dans les deux cas, l’homme est spécial.

Cet homme, c’est Badis Diab.
Il n’a pas 30 ans, mais dispose déjà d’un sacré CV derrière lui. À l’heure où les jeunes qui finissent leurs études se recherchent encore un parcours de vie, lui a déjà créé un empire qui s’étend à travers le monde.
Cette empire, il n’est ni financier ni carriériste, c’est celui d’un homme qui a bâti un mouvement humanitaire extraordinaire, et cela, à partir de rien.
Entre l’Afrique, l’Amérique du Sud, le Proche-Orient, l’Asie ou encore les îles d’Océanie, l’Algérien a étendu ses tentacules dans les quatre coins de la planète.
De l’éducation passant par la santé, le handicap, la biodiversité ou encore le droit des femmes, il n’y a pas une cause majeure qu’il ne défend pas, lui qui pourtant a connu des échecs, des désillusions et des souffrances intérieures dont il parle à demi-mot, c’est finalement dans l’engagement humanitaire qu’il a trouvé sa vocation en devenant au fil des années l’un des acteurs les plus important au monde.
Nous l’avons rencontré à Paris, au coeur même de ses activités, et d’entrée, le personnage impressionne.
Polyglotte, capable de parler 5 langues couramment, l’homme est brillant et cultivé, pourtant, sa simplicité et son allure d’homme ordinaire rendent le personnage encore plus intéressant.
Nous nous intéressons à son parcours et revenons sans détours sur les différentes étapes de sa vie.

Des terrains de foot au football business
Rien n’avait prédestiné le jeune homme né en France à un tel parcours de vie. Pour sortir de son quartier, le jeune Badis rêve de devenir footballeur.
Ce rêve, il le façonne si bien qu’à seulement 15 ans, il rejoint les rangs de l’AS Saint Etienne, l’un des clubs français les plus prestigieux.
L’enfant de Constantine se voit déjà en haut de l’affiche, il s’imagine jouer dans les plus grands stades et faire soulever des foules entières, à partager la vedette au milieu des grands.
Mais comme souvent, l’histoire ne se termine jamais comme on l’imagine, à 21 ans, sa carrière patine et le jeune homme se voit obligé de raccrocher les crampons, à son plus grand regret.
Au fond du gouffre, il nous raconte l’après carrière « Du jour au lendemain, ceux qui vous soutiennent vous lâchent, car vous ne représentez plus rien. Parmi les gens les plus proches, mon cercle d’amis s’est considérablement réduit. Je me suis retrouver presque seul, à devoir repartir de zéro.»
Alors le jeune homme va enchaîner les emplois et les difficultés. Il connaîtra comme tout le monde les fins de mois difficiles, le chômage et l’anonymat.
En 2013, il rencontre par hasard à Barcelone le très célèbre agent espagnol Marco Kirdemir, un moment qui fera date dans sa vie. L’agent des stars du Real Madrid apprécie le jeune homme, le prend sous son aile et en fait un de ses plus proches conseillers. Pour le compte de l’espagnol, le jeune Badis voyage alors dans toute l’Europe et se construit un réseau conséquent dans le foot business. De la Turquie à l’Angleterre, il devient proche des plus grandes structure du football business.
En 2016, à tout juste 25 ans, il se lance dans l’entrepreneuriat. Il lance Galactik France, une startup de conseils et d’accompagnement de footballeurs amateurs.
Un succès immédiat qui le fait passer de l’ombre à la lumière. Les médias s’intéressent à lui, il enchaine les couvertures de magazines, de journaux, il passe à la radio et à la TV, le jeune Badis se fait un nom et bascule dans une autre dimension.

La rencontre avec l’humanitaire
Pourtant, ce n’est que le début d’une formidable histoire. C’est au Ghana, à l’été 2016, que Badis Diab va véritablement découvre sa vocation première. Il fait la rencontre des profondeurs de l’Afrique et de sa misère sociale. Ce voyage le change à jamais, à ce sujet il raconte « J’avais déjà été confronté à la pauvreté, mais jamais à ce que j’ai vu dans les bidonvilles de Tamale (Nord Ghana), j’en suis revenu bouleversé ». À son retour à Paris, il se lance dans l’humanitaire en créant la Fondation Badis Diab, un organisme panafricain qui veut participer au développement de l’éducation. La fondation de l’Algérien distribuera des fournitures scolaires à des milliers d’enfants à travers une dizaine de pays du continent africain, une expansion éclair que son fondateur doit à un carnet d’adresse impressionnant. Les années passent et Badis s’étend à travers l’Afrique, sa fondation est sollicitée de plus en plus et ses activités prennent de l’ampleur. Le jeune activiste se fait un nom dans le monde de l’humanitaire, et pourtant, il est encore loin d’avoir montré toute l’étendue de son potentiel.

Lancement de UNITY, son plus grand projet
En 2019, à l’âge de 28 ans, l’Algérien se voit faire plus. Aux côtés de Karim Amrani, son meilleur amie, il lance UNITY, une ONG internationale basé en France. Dans l’optique d’activer dans les domaines de l’éducation, la biodiversité, la santé, le handicap ou encore le droit des femmes, la jeune ONG s’étend en un temps records dans plus de 35 pays à travers le monde. Des opérations quotidiennes et relayés continuellement sur les réseaux sociaux, une équipe de plus de 400 bénévoles répandu sur tous les continents, des méthodes de travail 3.0, du revenu universel pour des villages d’Ouganda au parrainages de milliers d’enfants à travers le monde, tout cela diriger et piloter d’une main de maître par celui qu’on appelle « Monsieur Badis », devenu au fil du temps l’un des acteurs humanitaires les plus influent au monde. En 2020, Badis Diab prévoit une croissance de 100% de ses activités et plus précisément un déploiement de ses activités dans plus de 71 pays à travers le monde. Visionnaire et humaniste, Badis Diab n’a encore rien montrer de ce dont il est capable, et si son influence considérable continue de s’étendre particulièrement en Afrique, une chose est certaine : Le parcours de cet algérien démontre que tout est possible dans la vie. n