Le coup d’envoi de la 10e édition du Panorama du cinéma algérien sera donné, aujourd’hui à Nîmes et se poursuivra jusqu’au  24 novembre prochain avec, à l’affiche, une quinzaine d’œuvres cinématographiques et deux hommages, le premier consacré  à Maurice Audin et le second à la lutte du peuple palestinien.

Le coup d’envoi du 10e Panorama du cinéma algérien sera donné, aujourd’hui, 17 novembre à 18H30, dans le prestigieux auditorium du pont du Gard avec la projection du film de Yasmine Chouikh «Jusqu’à la fin des temps», qui représentera l’Algérie aux Oscars 2019 à Hollywood, suivie d’un débat en présence de la réalisatrice. Cette soirée d’ouverture verra aussi la projection d’ «Alger, la Mecque des révolutionnaires», film documentaire de Mohamed Ben Salama.
Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, Jean Asselmeyer, directeur du Panorama du cinéma algérien, souligne dans la présentation de cette manifestation que « pour beaucoup de Français, l’Algérie reste un mystère. Il s’agit donc selon lui de lever la méfiance de certains. L’association France-El Djazaïr a initié le Panorama du cinéma algérien. Cette année, du 17 au 24 novembre à Nîmes, Alès et Aigues-Mortes et au Pont du Gard, nous présenterons sa 10° édition ».
Il ajoute que «notre sélection est l’expression de notre indépendance totale vis-à-vis des pouvoirs d’argent et politiques. La culture reste le plus solide rempart contre l’obscurantisme et les atteintes aux libertés». Estimant ainsi que «plus que jamais, l’Algérie et son peuple, par son présent et son histoire, intéressent les cinéastes. Sous toutes les latitudes, les cinéastes algériens, eux, continuent, contre vents et marées, de créer et de nous faire partager leurs inquiétudes, leurs joies et leurs espoirs ».

Hommage à Maurice Audin

Ainsi, parmi les événements marquants de ce Panorama, liés à l’actualité récente, un hommage sera rendu à Maurice Audin après la reconnaissance, par le président de la République française, du crime commis par la France à l’encontre du mathématicien, membre du Parti communiste algérien (PCA), militant anticolonialiste, arrêté, torturé et tué par l’armée française en 1957.
Cet hommage sera marqué par la projection de la version actualisé de «Maurice Audin, la disparition» de François Demerliac, en sa présence, accompagné de la fille de Maurice Audin, Michèle Audin, mathématicienne et écrivaine qui animeront un débat à la suite de la projection. La projection du film est prévue le 20 novembre à Alès à 19H au CinéPlanet et le 21 novembre à Aigues-Mortes, en collaboration avec «Grand Ecran pour tous» au cinéma Marcel-Pagnol à 18H30. Il est précisé dans la présentation du documentaire de François Demerliac, qu’il entrecroise de témoignages, de documents et de scènes de reconstitution pour retracer l’enquête et les procès engendrés par la disparition de Maurice Audin, arrêté, assassiné et déclaré « évadé » par les parachutistes français à Alger en 1957. Ce film s’appuie sur l’enquête de l’historien Pierre Vidal-Naquet et pose la question actuelle de la torture et de la «raison d’Etat».

«2018, Le temps de la Palestine»

Célébrant l’amitié entre l’Algérie et la Palestine, il est également prévu dans le programme de cette dixième édition, le 24 novembre prochain à Nîmes dès 18H30 au niveau de l’Auditorium des archives départementales, dans le cadre de «2018, le temps de la Palestine», le Panorama, partenaire de cette initiative, consacre cette journée à l’amitié entre la Palestine et l’Algérie, en collaboration avec l’AFPS Nîmes. A l’affiche la projection de deux films animés par la chanteuse et militante palestinienne, Abeer Hamad, «Derrière les fronts», d’Alexandra Dols et «Razan, une trace du papillon», réalisé par Lyad Alastal, cet été à Ghaza. La soirée se prolongera par la fête animée par les chants et danses d’Abeer Hamad accompagnée par Ahmed Miqdad. «Derrière les fronts : résistances et résiliences en Palestine», d’Alexandra Dols, est un film documentaire sur les conséquences invisibles de la colonisation : l’occupation intime, «celle de l’espace mental. Espace où l’équilibre, l’estime de soi, le moral et l’âme deviennent des lieux de lutte, de résilience et de résistance ». Quant au film documentaire «Razan, comme une trace du papillon», de Lyad Alasttal, il rend hommage à Razan el-Najjar, la jeune infirmière palestinienne de 21 ans, qui a été tuée le 1er juin 2018, lors de la Grande marche du retour, sur la bordure orientale de Khan Younès, dans le sud de la Bande de Gaza. Alors qu’elle travaillait comme secouriste et portait une veste avec le logo des services sanitaires, Razan a été mortellement touchée d’une balle explosive tirée par un sniper de l’armée d’occupation israélienne. Il est souligné dans la présentation de cette projection que «dans ce film tourné cet été par un jeune cinéaste de Ghaza, nous allons suivre la mère de Razan et sa famille, dans leur maison, dans leur quartier, rencontrer les voisins et avoir ainsi une idée de ce qu’était la vie de la jeune femme, sur fond d’images des grandes marches du retour qui se tiennent tous les vendredis depuis le 30 mars dernier».