Dans un marché pétrolier qui accuse une très forte baisse des prix en 2020, la référence algérienne de brut, le Sahara Blend, a perdu près de 23 dollars en moyenne jusqu’à octobre, comparativement aux 10 premiers mois de 2019, indique l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) dans son dernier rapport mensuel.
En prix, cette référence a évolué à une moyenne de 41,27 dollars durant la période de référence, contre 64,20 dollars l’année dernière, précise l’Opep. Elle ajoute qu’entre septembre et octobre derniers, le Sahara Blend est passé de 40,98 dollars à 39,76 dollars, soit un glissement de 1,22 dollars le baril (-3,0%).
Les chiffres de l’organisation correspondent à ceux livrés au début du mois courant par le ministre de l’Energie Abdelmadjid Attar. Lors de son passage devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), M. Attar avait fait savoir que l’Algérie avait vendu son pétrole pour une moyenne de 41 dollars durant les neufs premiers mois de 2020, contre 65 dollars lors de la même période de 2019.
Ce fort recul des cours, provoqué essentiellement par la morosité de la demande depuis l’apparition de la pandémie de covid-19, n’a pas été, bien sûr, sans affecter l’équilibre financier du pays, exagérément tributaire des recettes d’hydrocarbures. Bien au contraire, entre volumes d’exportation nettement en baisse, et dégringolade des prix, l’Algérie n’a pu engranger que 14,5 milliards de dollars entre janvier et septembre derniers, soit une chute de 41% par rapport aux 25 milliards de dollars réalisés pour la même période de 2019, avait souligné le premier responsable du secteur.
Cependant, la dépréciation de son prix n’a pas empêché la référence algérienne de se classer en troisième place de brut le plus cher parmi les 13 références que compte le panier de l’Opep, souligne le même rapport, précisant que le Sahara Blend arrive derrière l’Emirati Murban (42,31 dollars/baril) et l’Angolais Girassol (41,59 dollars/baril).
En 2019, il a été classé sixième, après l’angolais Girassol (66,11 dollars/baril), le guinéen équatorial Zafiro (65,74 dollars/baril), le nigerian Bonny light (65,63 dollars/baril), le saoudien Arab light (64,96 dollars/baril), et l’emirati Murban (64,72 dollars/baril).
En outre, entre janvier et octobre 2020, le panier de l’Opep (ORB) était en baisse de 23,34 dollars, (-36,5%) par rapport à la même période de l’année 2019 où il s’était échangé à une moyenne de 63,91 dollars, relève encore l’organisation.
Le prix du brut algérien est établi en fonction des cours du Brent, brut de référence de la mer du Nord, côté sur le marché de Londres avec une prime additionnelle pour ses qualités physico-chimiques appréciées par les raffineurs.
La baisse du Sahara Blend et les autres composants de panier de l’Opep intervient dans un contexte de chute des prix au comptant du pétrole brut qui ont reculé en octobre pour le deuxième mois consécutif, de même que les prix à terme.
« La reprise saine attendue de la demande mondiale de pétrole au 4e trimestre de 2020 ralentissait et les débits mondiaux des raffineries sont restés faibles au milieu d’une deuxième vague sévère d’infections au COVID-19 dans plusieurs régions du monde », explique l’Opep, notant que le attentes d’une augmentation de l’offre de pétrole brut dans les mois à venir ont également pesé sur les prix au comptant.
Après avoir entamé le mois de novembre à 35,89 dollars, le brut de l’Opep s’est établi entre 42 et 43 dollars, poussé par l’espoir d’une reprise de la demande mondial après l’annonce par le groupe pharmaceutique Pfizer que le vaccin développé avec l’allemand BioNTech contre le Covid-19 réduisait de 90% le risque de tomber malade du virus.
L’annonce d’un autre vaccin dope les prix
Hier, c’était au tour de la société de biotechnologie américaine Moderna d’annoncer de premiers résultats probants pour son vaccin contre le Covid-19, consolidant l’espoir né la semaine dernière, et permettant à l’or noir de renforcer sa dynamique positive en améliorant ses gains en ce premier jour de semaine.
Vers 13H25 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier s’affichait à 44,14 dollars sur le marché londonien, en hausse de 3,18% par rapport à la clôture de vendredi. A New York, le baril américain West Texas Intermediate (WTI) pour décembre s’appréciait de 3,66% à 41,60 dollars.
« L’annonce d’un deuxième vaccin vient renforcer le sentiment positif du marché aujourd’hui », a estimé Bjornar Tonhaugen, analyste de Rystad.
Dans un communiqué, Moderna a annoncé que l’analyse des tout premiers cas d’un grand essai clinique en cours aux États-Unis montrait une efficacité à 94,5% de son vaccin contre le Covid-19.
« Un second remède au Covid-19 montre qu’un programme de vaccination à grande échelle, avec des quantités suffisantes pour la population mondiale, est encore plus proche. La demande en pétrole ne va pas en profiter à très court terme, mais de façon certaine à moyen et long terme », a poursuivi M. Tonhaugen auprès de l’AFP.
En plus des vaccins annoncés, l’optimisme du marché était suscité par la réunion, aujourd’hui par visioconférence, des ministres de l’Opep et leurs partenaires, dont la Russie.
L’alliance « pourrait recommander de ne pas augmenter la production comme convenu de près de 2 millions de barils par jour à partir de janvier, mais de le faire trois ou même six mois plus tard », a expliqué Eugen Weinberg, analyste de Commerzbank.
L’accord en vigueur prévoit pour l’instant que le retrait volontaire actuel du marché de 7,7 millions de barils par jour – répartis entre les différents signataires, et sans compter les éventuels rattrapages des retardataires – sera ramené à 5,8 millions à compter de janvier 2021. n