Les places boursières européennes ont renoué lundi avec leurs périodes sombres du printemps, ébranlées par la résurgence de la pandémie de Covid-19 à travers l’Europe et les potentielles conséquences économiques de restrictions de mouvements. A Paris, l’indice CAC 40 a chuté de 3,74%, sa pire séance depuis le 11 juin. A Francfort, le Dax a plongé de 4,37% et à Londres, le FTSE 100 de 3,38%. «Les malheurs sanitaires ébranlent l’humeur ambiante», constate David Madden, analyste marchés pour CMC Markets UK. Au moment où les Etats-Unis vont passer la barre des 200.000 décès, les madrilènes renouent avec les contrôles stricts de déplacements lundi et le Royaume-Uni, pays le plus endeuillé d’Europe, craint un nouveau «décollage» de la pandémie. «Il y a là à la fois les craintes liées au Covid-19, la contagion des marchés américains sur l’Europe via les valeurs technologiques, et les tensions entre les Etats-Unis et la Chine», résume Alexandre Baradez, analyste pour IG France, pour expliquer le recul des indices. Très sensible à l’humeur de Wall Street, la place parisienne a creusé ses pertes à l’ouverture de la Bourse de New York, elle-même fragilisée par la chute de ses stars technologiques lundi. A mi-séance, les trois principaux indices new-yorkais perdaient entre 1,2 et 2,7%. Après plusieurs mois de relatif optimisme sur fond de déconfinement et de reprise de l’économie, les places financières à travers le monde peinent à trouver l’énergie pour continuer à avancer. «Il y a le sentiment qu’on a absorbé une partie du rebond économique, mais la partie la plus lente reste à faire», analyse Alexandre Baradez pour qui «tout ce qui va être dit sur le virus désormais aura la même importance que les décisions de politique monétaire». Également source de stress sur les marchés lundi, la chute des valeurs bancaires à travers l’Europe après la révélation d’un consortium de journalistes qui accusent ces géants bancaires d’avoir permis le blanchiment d’argent sale à grande échelle. Ces valeurs ont aussi été affectées par le recul des taux d’intérêt sur les dettes des principaux Etats de la zone euro, recherchées par des investisseurs échaudés par le marché des actions. La dette à dix ans reculait d’entre trois et cinq points de base pour l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne.<