La pandémie de la Covid-19 affecte particulièrement les personnes victimes de discrimination raciale, a déclaré lundi dernier Michelle Bachelet, Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, lors d’un discours à l’ouverture de la 18e session du Groupe intergouvernemental de travail sur la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d’action de Durban. 

« Les personnes qui se trouvaient déjà dans des situations vulnérables et défavorisées, dont les voix ont été réduites au silence et dont les intérêts sont rarement servis, sont les plus touchées par la Covid-19 du fait de ses impacts sanitaires ou socio-économiques », a déclaré Mme Bachelet, citée dans un communiqué de l’ONU. « Parmi elles figurent les peuples autochtones, les personnes d’ascendance africaine et les personnes appartenant à des minorités nationales ouethniques, religieuses et linguistiques, dont les droits ont été bafoués par la discrimination raciale systémique et l’héritage du racisme. Les groupes confrontés à la discrimination raciale sont souvent plus susceptibles de travailler dans le secteur informel, beaucoup vivent dans la pauvreté et risquent de perdre leur emploi sans aucune protection sociale », a-t-elle ajouté.

 La Conférence de Durban contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance, s’est tenue en septembre 2001 à Durban, en Afrique du Sud. Selon Mme Bachelet, cette conférence était un moment historique : « C’est là que les gouvernements ont reconnu que le racisme existe dans tous les pays et déclaré que la lutte contre ce dernier devrait être une priorité pour toutes les nations. » La pandémie a également révélé la vulnérabilité supplémentaire des migrants, des réfugiés, des demandeurs d’asile et des apatrides, a dit Mme Bachelet. « Les migrants et autres groupes confrontés à la discrimination raciale sont souvent les boucs émissaires lorsqu’il y a des problèmes, notamment en ce qui concerne les pénuries de logements et d’emplois », a-t-elle ajouté.  Selon la cheffe des droits de l’homme des Nations unies, cette crise a notamment un impact disproportionné sur les femmes, en particulier sur les femmes confrontées à des formes croisées de discrimination en raison du sexe, de la race et de l’appartenance ethnique.