La réunion du Conseil des ministres tenue dimanche sous la présidence du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, s’est penchée sur les mesures devant permettre une levée progressive du confinement après le 13 juin prochain. Nombreux sont les signaux qui plaident dans ce sens, après que le ministre de la Santé eut souligné que les indicateurs de Covid-19 sont positifs et que la situation sanitaire est marquée par une stabilité.

La première mesure citée pour le déconfinement progressif a trait au secteur du bâtiment et des travaux publics (BTPH) qui emploie un nombre important de travailleurs dont de nombreux journaliers qui se retrouvent sans revenu en ces temps de confinement. L’expression selon laquelle «quand le bâtiment va, tout va» est, ainsi, remise au goût du jour à la faveur des mesures annoncées pour les activités nombreuses qui évoluent dans ce secteur. Le Conseil des ministres a pris la décision de «la levée progressive du confinement dans le secteur du bâtiment et des travaux publics suivant un plan étudié par le Premier ministère, en collaboration avec le ministère de la Santé et le Comité scientifique», indique un communiqué sanctionnant la réunion du Conseil des ministres.
Celui-ci a, également, décidé d’examiner «avec les partenaires sociaux la formule idoine pour la levée progressive du confinement pour certains métiers et activités commerciales à moindres risques de propagation du coronavirus, outre les activités ayant un impact direct sur la vie du citoyen après un long arrêt». Les nouvelles mesures répondent aux appels de milliers de travailleurs fortement impactés par le confinement dû la crise sanitaire. D’où une autre décision est annoncée dans le communiqué du Conseil des ministres, à savoir «l’examen des possibilités d’aide aux petits commerçants impactés, y compris leur éventuelle exonération partielle des impôts». Ces décisions ont été prises après avoir écouté un exposé du ministre de la Santé sur la situation sanitaire dans le pays, suite auquel le président de la République s’est dit «satisfait quant à l’amélioration progressive relevée en matière de lutte contre la propagation de la pandémie de coronavirus, mettant l’accent sur l’impératif respect des mesures préventives, notamment le port des masques de protection et le respect de la distanciation physique».

Insistance sur le respect des mesures de prévention
Dans son exposé, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, le
Pr Abderrahmane Benbouzid, a fait état d’une «stabilité de la situation sanitaire dans le pays, ayant permis une reprises les activités sanitaires dans les hôpitaux, dont les interventions chirurgicales non urgentes et l’enregistrement d’indicateurs positifs à la faveur de l’activation et du renforcement des mesures sanitaires, dont le protocole de traitement adopté le 23 mars dernier, lequel a prouvé son efficacité avec le rétablissement de 98,2% des patients atteints sur un total de plus de 16.000 cas traités».
Dans ce contexte, et après avoir exprimé sa reconnaissance aux «personnels de la santé, tous corps confondus», pour «leurs sacrifices que l’Algérie n’oubliera jamais», le président de la République a appelé les citoyens à «la nécessité de persévérer dans le respect des mesures de prévention en vue de soutenir les résultats obtenus», exhortant «les walis des wilayas où le déconfinement total a été décidé de suivre de près la situation et de veiller au respect de ces mesures, notamment l’interdiction des rassemblements, des fêtes et de mariages».

Gare au relâchement !
Dans ce sens, il est utile de rappeler que le gouvernement a déjà tenté, le 24 avril dernier qui coïncidait avec le premier jour de ramadan, de lever la restriction d’ouverture pour les commerces. Mais des comportements d’indiscipline avaient été constatés, notamment par rapport au non-respect du port du masque et de la distanciation physique qui avaient connu une défection sans pareille.
Une défection qui avait déjà commencé la veille du mois du jeûne avec une ruée sur les marchés, les grandes surfaces et autres commerces sans aucune mesure de protection, suite à laquelle nombreux étaient les appels de la population à la (re) fermeture de ces espaces qui étaient en passe de devenir de véritables foyers de la pandémie de coronavirus. C’est alors que la décision de leur fermeture a été prise afin de ne pas en faire des lieux de propagation à grande échelle du virus mortel.
Il s’agit, maintenant, d’avoir une plus grande conscientisation par rapport à la préservation de la santé publique. Ne dit-on pas qu’«on apprend de ses erreurs» ? Baisser la garde n’est d’aucune utilité. Ni en termes de santé, les cas de Covid-19 ayant grimpé en flèche après le relâchement, ni en termes de vie sociale ni encore moins économique. Le relâchement ne peut être d’aucun intérêt ni pour le citoyen ni pour le pays. L’heure est à la prise de responsabilité et à une réelle prise de conscience individuelle et collective.

Booster l’industrie pharmaceutique
Par ailleurs, sur un autre volet, celui de l’industrie pharmaceutique, le Conseil des ministres a examiné et approuvé un exposé présenté par le ministre délégué sur la situation et le plan de développement de ce secteur, «afin de contribuer à la diversification économique et s’orienter vers l’exportation, ce qui permettra au citoyen de s’approvisionner en médicaments grâce à la facilitation et à l’élargissement de la couverture de la protection sociale et de l’intensification du réseau régional de distribution».
Le plan d’action a pour objectif de «booster l’industrie pharmaceutique pour qu’elle soit génératrice de richesse, garantisse les soins à tous les citoyens et citoyennes, d’autant que la production nationale en médicaments couvre 51% des besoins du marché estimé à quelque 4 milliards de dollars et que près de 2.200 produits pharmaceutiques sont fabriqués localement». Dans son intervention, le président de la République a rappelé que l’objectif de la création d’un ministère chargé de l’Industrie pharmaceutique consiste à couvrir, autant que possible, les besoins nationaux en médicaments et s’orienter vers l’exportation destinée notamment au marché africain, appelant à ouvrir les portes du partenariat pour la production des médicaments avec certains pays pionniers dans ce domaine. Aussi a-t-il ordonné, d’«appuyer l’entreprise publique Saïdal pour qu’elle retrouve sa place dans la production pharmaceutique de manière à réduire la facture des importations». Il a demandé au ministre de la Communication de faire connaitre les efforts consentis dans le domaine de la production des médicaments et du matériel médical en Algérie.