L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a exhorté les gouvernements et les populations à tout faire pour éradiquer le nouveau coronavirus, au moment où le seuil des 20 millions de personnes contaminées est franchi dans le monde avec un million de cas supplémentaires environ tous les 4 jours depuis la mi-juillet. Cette exhortation vient également au moment où le premier vaccin vient d’être «enregistré» en Russie, qui s’apprête à entamer la phase III des essais aujourd’hui.

L’annonce du vaccin a été faite par le président russe Vladimir Poutine qui a déclaré, hier, «pour la première fois au monde, un vaccin contre le nouveau coronavirus a été enregistré», ajoutant que le vaccin est «assez efficace» et qu’il «donne une immunité durable». Sa commercialisation est prévue pour le début 2021. Entretemps, les appels au respect des recommandations de port du masque et autres mesures préventives continuent d’être lancés par l’OMS. Son Directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a enjoint «aux gouvernements et aux citoyens de tout faire pour éradiquer la transmission du coronavirus», qui a déjà provoqué «750 000 décès depuis sa découverte en Chine en décembre dernier».
«Beaucoup d’entre vous sont en deuil. C’est un moment difficile pour le monde. Mais je veux être clair, il y a des bourgeons d’espoir et (…) il n’est jamais trop tard pour inverser l’épidémie. Mais pour cela, les dirigeants doivent se mobiliser pour agir et les citoyens doivent adopter de nouvelles mesures», a-t-il dit, cité par l’AFP. Le vaccin annoncé est un bourgeon d’espoir, le président du fonds souverain russe, Kirill Dmitriev, impliqué dans son développement, ayant affirmé que le début de la production industrielle était prévu en septembre et que la phase III des essais commençait mercredi (aujourd’hui, ndlr). «Plus d’un milliard de doses ont été précommandées par 20 pays étrangers», a-t-il ajouté. Le président Poutine a même affirmé qu’une de ses filles s’était fait inoculer le vaccin, nommé «Spoutnik V» (V comme vaccin, ndlr), en référence au satellite soviétique, premier engin spatial mis en orbite, selon l’AFP.

«Plus d’un milliard de doses précommandées par 20 pays»
L’Indonésie a commencé de son côté, hier, à tester sur 1 600 volontaires un autre vaccin, déjà en phase III. En Chine, le laboratoire Sinovac Biotech a mis au point un vaccin appelé Coronavac, qui fait partie des rares vaccins à être dans cette phase, la dernière étape des essais cliniques avant l’homologation. Il est déjà actuellement testé sur 9 000 volontaires au Brésil, le deuxième pays le plus touché au monde par la pandémie de coronavirus après les Etats-Unis.
Dans les semaines précédant les annonces de vaccin, des scientifiques étrangers ont «exprimé leur préoccupation face à la rapidité de la mise au point d’un tel vaccin et l’OMS avait appelé au respect de lignes directrices et directives claires en la matière».

L’Europe craint une «résurgence réelle» de la Covid-19
L’agence européenne en charge des maladies infectieuses a, elle aussi, exhorté les Etats européens à «réinstaurer certaines mesures» pour prévenir la «résurgence réelle» de la Covid-19 observée sur le Vieux Continent et où la bataille a repris de plus belle. Dans les grandes capitales européennes, comme dans les autres villes de France, d’Espagne et d’Italie, le masque est obligatoire et des sanctions sont prévues contre les contrevenants.
Même s’il est encore inférieur au pic atteint en Europe le 9 avril, le nombre de nouveaux cas quotidiens semble en progression, souligne l’agence européenne. Certains pays s’en inquiètent, comme l’Italie, où le virus a fortement régressé, et qui estime être «encerclée par les contagions» pouvant provenir d’autres pays comme «la France, l’Espagne et les Balkans». L’Italie a enregistré, dimanche dernier, deux morts, le bilan le plus bas depuis le 21 février, date de l’annonce des premiers décès sur son territoire. Si le chiffre des nouveaux cas est moins bon (+463 en 24 heures), la situation reste sous contrôle, selon les autorités.
Aux Etats-Unis, pays le plus touché au monde en valeur absolue avec 163 370 décès, plus de 44 000 nouvelles infections et 457 morts ont été déplorés en 24 heures, selon le comptage de Johns Hopkins. Lors de son point de presse quotidien consacré à la gestion de l’épidémie, le président Donald Trump a, une nouvelle fois, appelé à une réouverture des écoles. Au Brésil, les 100 000 morts ont été dépassés dimanche dernier.
Au-delà de ses conséquences sanitaires, l’épidémie a mis à mal l’économie mondiale, ravivé des lignes de fracture et des inégalités sociales et bousculé calendriers culturels et sportifs. Les 24 heures du Mans auto se dérouleront ainsi sans public les 19 et 20 septembre. La course mythique, initialement programmée les 13 et 14 juin, a été reportée à la mi-septembre.
De même, le ministre allemand de la Santé a rejeté l’idée d’un retour des supporteurs de football dans les stades, estimant que ce serait envoyer «un mauvais signal» alors que le pays connaît une recrudescence de la pandémie. En Italie, l’industrie de la croisière, sinistrée par la pandémie, a toutefois annoncé lundi la reprise de ses activités à partir du 16 août.