C’est indéniable. Le mot «psychose», à l’écriture, et en Algérie, n’est plus à suivre par un point d’interrogation ou d’exclamation. Les faits sont là. La psychose due à la Covid-19 est bel et bien installée en Algérie.
Le nombre quotidien des cas contaminés n’est plus à observer sur les médias. Maintenant, il suffit de voir autour de soi pour établir une morbide statistique. C’est qu’il ne s’agit plus de personnes atteintes, mais malheureusement, et de plus en plus, de morts. D’ailleurs, les utilisateurs des réseaux sociaux le constatent au fil des jours. Il n’est plus question de posts étalant les états d’âme ou les positions politiques, mais carrément d’annonces nécrologiques. Et quand il ne s’agit pas de décès, il est question de personnes contaminées. Les lieux de travail deviennent même un baromètre. Quotidiennement, le nombre d’absents pour cause de Covid-19 augmente. Que ce soit dans les administrations ou dans les entreprises, les congés de maladie s’accumulent, et les risques de «fermeture» augmentent.
Une situation qui a installé une psychose quasiment partout. Même ceux qui sont épargnés se retrouvent à douter de leur moindre toux ou d’un simple éternuement. Pire encore, la méfiance s’installe de plus en plus dans les quartiers, et même au sein des familles. Il n’est plus besoin de décisions d’«en haut» pour faire appliquer les mesures de protection.
La peur est d’autant plus grande que les espoirs de s’en sortir indemne du Covid-19 s’amoindrissent. Et ce n’est pas l’état du secteur de la santé dans le pays qui va pouvoir donner de l’espoir. Partout, ou presque, les hôpitaux sont saturés. Il n’y a plus de places ni pour ceux atteints par la pandémie, ni pour ceux souffrant d’autres pathologies. A ce sombre tableau, comment ne pas mentionner le cas du personnel médical. Plusieurs sont signalés contaminés et le nombre des décès augmente quasiment à un rythme quotidien.
La maladie et la peur sont bien présentes. Les «ripostes», aussi nombreuses qu’elles soient, restent loin d’être rassurantes. Le seul rempart reste le respect des mesures de protection. En ces circonstances, cet acte citoyen est l’ultime riposte à la pandémie.