La tension demeure palpable mardi en Israël et dans les Territoires palestiniens après des premières frappes aériennes israéliennes depuis des mois sur la bande de Gaza, en représailles à un tir de roquette depuis l’enclave palestinienne.

Par Michaël BLUM
Tôt mardi, l’aviation israélienne a bombardé un site présumé d’armement du Hamas, après un tir de roquette non revendiqué depuis ce territoire de 2,3 millions d’habitants. Le Hamas a affirmé dans la nuit avoir utilisé sa «défense anti-aérienne» pour tenter de contrer ces frappes qui n’ont fait aucune victime, selon des témoins et des sources sécuritaires à Gaza. Lundi soir, les sirènes d’alarme ont retenti dans le sud d’Israël pour le premier tir de roquette depuis la bande de Gaza vers Israël depuis début janvier alors qu’un projectile s’était abîmé en mer au large de la métropole Tel-Aviv. A Jérusalem, théâtre de tensions depuis vendredi qui coïncident avec les fêtes juives de Pessah et les grands rassemblements pour le mois sacré musulman du ramadan, des organisations de la droite nationaliste israélienne ont planifié une grande marche autour de la Vieille Ville. Mais la police a toutefois annoncé qu’elle n’avait pas autorisé cette marche alors que la situation demeurait tendue dans et autour de l’esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l’islam, mais aussi lieu le plus sacré du judaïsme sous son nom de Mont du Temple. Plus de 150 Palestiniens ont été blessés lors de heurts avec les forces israéliennes vendredi et dimanche à l’esplanade des Mosquées de Jérusalem, qui accueille quotidiennement des dizaines milliers de fidèles musulmans pour le mois de ramadan, un lieu aussi visité à des plages horaires précises par des juifs. Mais la présence de Juifs pendant le ramadan et surtout l’intervention sur place des forces policières israéliennes sur des lieux saints musulmans ont suscité une vague de colère chez certains Palestiniens mais aussi dans le reste de la région. L’esplanade des Mosquées «restera purement islamique», a réitéré mardi le Hamas. «Nous ne pouvons plus rester silencieux sur ce qui se passe à Jérusalem et en Cisjordanie occupée», a déclaré Ziad al-Nakhalé, le chef de ce mouvement. Le porte-parole du département d’Etat américain Ned Price a affirmé lundi soir que les Etats-Unis étaient «grandement préoccupés» par ces tensions et que Washington multipliait les contacts dans la région pour tenter de les juguler. Pour sa part, le Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a appelé lundi la communauté internationale à « agir urgemment afin d’assurer la protection nécessaire aux civils palestiniens et à leurs lieux saints conformément au droit international ». « Les attaques commises par les forces d’occupation israéliennes contre la sacralité de la mosquée Al-Aqsa et la violence qu’elles exercent sur les fidèles sans défense rappellent une nouvelle fois les violations systématiques des droits de l’homme et des libertés fondamentales », a écrit le Président de la République dans une lettre adressée au secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, Antonio Guterres. Hier, les membres du Conseil de sécurité de l’ONU devaient se réunir pour des consultations à huis clos sur « La situation au Moyen-Orient, y compris la question palestinienne », et les derniers développements à Al-Qods occupée.
(Source AFP et APS)